En passant devant un écran de télévision j’ai vu au bas de l’image, où les intervenants discutaient doctement des manifestations festives qui entouraient les déplacements de notre exécutif bicéphale, un bandeau ainsi rédigé : « la police a-t-elle le droit de confisquer les casseroles ? ». Je me suis demandé s’il ne fallait pas désespérer d’un pays où l'on pouvait se préoccuper de telles polémiques. Un pays peuplé de consommateurs frustrés, achetant à crédit ailleurs ce qu'il ne produit plus, alors que l'on massacre et viole dans des ruines proches de chez nous, alors que l'on parle sans réticences de vitrifier des capitales européennes, dont Paris, alors que l'on tient au chaud une troisième guerre mondiale du côté du Pacifique, le mal nommé. Et que penser d'un pays où beaucoup sont aidés par l'Etat mais où règne la haine au point de vouloir ruiner un restaurant ayant permis au Président de la République de s'assoir à sa terrasse pour boire une bière. La France traîne désespérément des casseroles qui la feront trébucher si on ne les confisque pas, mais dans ce cas, ce n'est pas à la police de le faire.