En parallèle des profanations de lieux de culte catholique, les actes et profanations antisémites se multiplient. Pour les églises, les motivations du vandalisme restent à éclaircir, mais pour les actes antisémites, on ne peut que constater les excès provoqués par les feux de la passion. Car ne nous y trompons pas, l’Antisémite est irrésistiblement attiré par le Juif, au point d'en être jaloux sans raison, il peut même être attiré par son concept sans en avoir rencontré un seul. On se demande parfois s'il n'aimerait pas inconsciemment être Juif lui-même si l’on en croit tous les avantages, comme la richesse et le pouvoir, qu’il lui attribue et qu'il aimerait s'approprier, ce qu'il réussit d'ailleurs parfois à faire lorsque les circonstances s'y prêtent. Peut-être même en devenant Juif pourrait-il obtenir un prix Nobel, l'objet de sa passion ayant la manie d'en décrocher un nombre respectable.
Mais voilà, il n’est pas facile d’être Juif. On ne peut pas s’inventer une mère juive, ça ne s’invente pas. Quant à se convertir au judaïsme, c’est la croix et la bannière en commençant par la circoncision et en suivant un processus sourcilleux. Autant il y a peu d’obstacles pour devenir chrétien et encore plus primaire de devenir musulman, autant il est difficile de devenir Juif.
Et même si l’on réussit à devenir Juif, pour l’être pleinement dans sa chair, il reste à subir la passion aveugle des antisémites quand elle se transforme dans ses paroxysmes en une haine meurtrière.
Dessin de Tim illustrant "Peuple d’élite, sûr de lui-même et dominateur" (opinion de De Gaulle sur les Juifs en novembre 1967)