18 Février 2024
C’est la première question que se pose un enquêteur pour retrouver l’auteur d’un crime, cette question réduit le champ des investigations. Mais la question peut se poser devant tout évènement politique ou historique. L’ennui est que le champ des causes possibles et souvent intriquées est ici large, et le raisonnement devient simpliste car celui qui profite d’un évènement n’en est pas forcément l’auteur, si je profite d’un feu rouge pour traverser la chaussée, ce n’est pour autant que je suis celui qui l’a actionné. Ce « à qui profite le crime ? » est à la base de l’élaboration des complots. Les amateurs de complots retrouvent aisément les personnes ou les groupes qui pourraient profiter d’un évènement, choisissent ceux pour lesquels ils ont une antipathie et les accusent d’avoir fomenter à leur avantage les évènements survenus. Le complotiste, dont l’imagination est fertile, va créer un récit autour de l’accusé, aussi invraisemblable soit-il, en négligeant les thèses officielles, par définition suspectes de manipulation, surtout lorsque les causes sont évidentes pour tout le monde, cette évidence même étant destinée aux crédules dont le complotiste se targue de ne pas faire partie. Il est méfiant et cette méfiance finit parfois par la crainte de forces obscures à l’œuvre jusqu’à la paranoïa . Pour le complotiste, les choses ne sont jamais évidentes, et il sait retrouver les ressorts cachés des évènements. Mais la question « à qui profite le crime ? » pourrait lui être posée, pourquoi devant chaque évènement cherche-t-il à accuser toujours les mêmes personnes ou les mêmes groupes ?