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91. Prescription sans médicament

 

« Selon les résultats d'un sondage réalisé par Pasteur Mutualité, l'idée de prescription thérapeutique non médicamenteuse, séduit les Français. Ils sont plus de 7 sur dix à le souhaiter » (juin 2011).

 

70% des personnes pensent-elles que le médecin prescrit trop de médicaments et qu’il aurait pu s’en dispenser ? Ce n’est pas impossible, mais il faut noter que nombre de patients se plaignant d’un trouble viennent pour une prescription médicamenteuse, quand ils ne la réclament pas. Ou pensent-ils que l’absence de prescription médicamenteuse est l’indice qu’ils ne sont pas malades ? Dans ce dernier cas il n’est donc pas étonnant qu’ils y soient favorables.

 

En raison d’une plus grande transparence et des accidents secondaires bien médiatisés, les patients finissent par avoir plus peur de la thérapeutique que de la maladie et parfois ils n’ont pas tort. Mais si l’on rapporte le nombre d’accidents iatrogènes au nombre de médicaments pris par la population, leur risque est très faible, variant avec le type de médicament et les médicaments associés. La médication est une intrusion dans l’organisme, elle y modifie des rouages, et il serait évidemment plus simple et anodin de guérir par un miracle ou par l’imposition des mains.

 

Il ne faut pas se leurrer, en dehors des conseils hygiéno-diététiques maintenant connus de tous pour peu que l’on regarde la bande inférieure de l’écran de TV, et qui, à la limite, ne nécessitent pas une consultation médicale, chacun sachant pertinemment ce qu’il devrait faire, on ne peut se dispenser d’une prescription médicamenteuse que lorsque le patient n’est pas malade ou quand il est atteint d’une maladie dont il va guérir spontanément. Il arrive aussi que l’on ne dispose d’aucun médicament efficace contre la maladie diagnostiquée, ce qui permettrait de se dispenser d’en prescrire, mais serait-il admissible de ne pas tenter d’améliorer le confort du patient à défaut de le guérir ? Les malades authentiques, s’ils craignent l’efficacité même des  médicaments, peuvent toujours faire appel à un charlatan, s’ils ne craignent pas une aggravation de leur état.

 

Ainsi, 70% des Français aimeraient que leur médecin inscrive (aujourd’hui par imprimante) sur l’ordonnance des prescriptions comme : modérer ou arrêter la consommation d’alcool, arrêter de fumer, manger moins et moins gras, avoir une activité physique régulière…Sinon, qu’entendent-ils par prescriptions non médicamenteuses ?

- Les régimes miraculeux ont surtout la vertu d’enrichir leurs auteurs et parfois d’abimer leurs consommateurs

- Les « remèdes de grand-mère » sont efficaces lorsque le malade guérit tout seul, car dans le cas contraire, il est plus prudent de pousser mémé dans les orties et d’appeler le médecin.

- Les médecines dites « parallèles » sont surtout parallèles à la maladie et n’interrompent pas sa marche, même si certaines d’entre elles peuvent atténuer des troubles, ne serait-ce que par leur effet placebo.

Van-Gogh-portrait-du-Dr-Gachet.jpg- Quant aux herbes, elles peuvent avoir un effet favorable sur de petits troubles, à moins qu’elles ne provoquent elles-mêmes (heureusement rarement) une maladie sérieuse. Rappelons que la bourdaine et le séné malmènent l’intestin, l’arnica peut provoquer des dermites et des troubles gastro-intestinaux, l’eucalyptus des nausées et vomissements, la camomille des réactions allergiques, le millepertuis une photosensibilisation, le thym des troubles gastro-intestinaux, le kava a une toxicité hépatique comme le thé vert et l´aloè vera, quant à l’aristoloche elle a une toxicité rénale et est cancérigène[1]

 

Concluons par une évidence : on ne peut pas se dispenser des médicaments lorsque le patient en a besoin et qu’il ne peut pas guérir ou être soulagé sans eux. Les mesures hygiéno-diététiques sont maintenant connues de tous et bonnes pour tout le monde, à chacun de les suivre ou pas. Même indispensables (et la consultation médicale peut aider à les suivre en évitant d’être culpabilisante), il est assez rare qu’elles suffisent seules à guérir un malade (comme l’arrêt total et définitif de l’alcool chez un alcoolique ou la diététique chez un obèse ou un « petit » diabétique), mais elles peuvent retarder ou prévenir l’apparition d’une maladie[2]. Mais va-t-on consulter un médecin uniquement pour la prévention dont on connait les règles admises et aussi les difficultés à les suivre ? (Je ne parle évidemment pas des vaccinations ou du dépistage systématique).

On peut donc émettre l’hypothèse qu’en cette matière, au moins sept Français sur dix ont une opinion vide de sens3.

 

Van Gogh : « Portrait du Docteur Gachet »



[1] En 2003, la ministre de la Santé d’Afrique du Sud, soutenait (comme son Président) que pour lutter contre le sida il était plus sûr d’utiliser de l’ail, de l’huile d’olive et de l’oignon que des antirétroviraux. Ce déni qui a duré jusqu’en 2008 a fait de l’Afrique du Sud le pays le plus contaminé au monde.

 

2 La Haute Autorité de Santé encourage les prescriptions non médicamenteuses validées (essentiellement hygiéno-diététiques), si possible seules, mais le plus souvent en complément.

 

3 Ce qui ne veut pas dire qu’il n’y a pas trop de médicaments sur le marché, et que cette abondance ne favorise pas leur prescription. Même en restant efficace leur nombre pourrait être divisé par deux ou trois. En France, il y aurait 5000 à 8000 molécules différentes correspondant à 12000 présentations différentes. Pour une même action on peut trouver une vingtaine de molécules qui n’apportent rien de plus que les premières de la même famille. Une pléthore entretenue par les laboratoires car il est plus facile et moins onéreux d’imiter que d’innover.

 

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O
Je ne peux pas vous laisser dire qu’il y a autant de charlatans parmi les allopathes que parmi les « thérapeutes » pratiquant des médecines alternatives dont la plupart sont fantaisistes. En voici quelques exemples : acupressure ( les doigts remplacent les aiguilles), auriculothérapie, aromathérapie, fleurs de Bach (élixirs floraux), kinésiologie (tests musculaires ), réflexologie, chromopuncture ( piqûres de colorants), , aura soma thérapie ( baguettes de cristaux), massage du côlon (sic), gymnastique du cerveau ( !?), fango (boue), fasciathérapie, sels de Schüssler (minéraux) hippothérapie (cheval, sic), marionnettes-thérapie, rebirth ( technique respiratoire), reiki (énergies par massages), sympathicothérapie ( réflexothérapie dans les fosses nasales), musicothérapie, iridologie, analyse des minéraux, des cheveux, massages segmentaires, vedalogie , vital pratique, tantra, énnéagramme… Bien sûr que beaucoup de médicaments et de poisons proviennent des plantes pour ne citer que la digitale, le curare, la belladone (atropine), l’opium, la cocaïne... Mais les herbes dites anodines n’ont jamais guéri une maladie sérieuse. Et je suis d’accord avec vous pour dire que le médecin doit être sobre dans ses prescriptions, chacune devant être faite dans un but précis, en escomptant une efficacité et s’en dispenser lorsqu’elle est inutile. Dr WO 
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B
Bonjour, cher Docteur Vous semblez insinuer que les charlatans se trouvent parmi les "prescripteurs" de médecines alternatives; pourtant ils s'en trouve autant là que parmi les alopathes. Et il se trouve de fort bons thérapeutes en médecines dites alternatives également. Si certaines plantes sont dangereuses, cela prouve au moins que les substances naturelles contenues ne sont pas à prendre à la légère. Bien entendu, rien ne remplace la médecine telle que nous la connaissons, mais vous l'avez remarqué, le médecin-savant du "malade imaginaire" de Molière a fait son temps, la médecine évolue avec les techniques d'information et les progrès. Pour ma part, j'ai changé de médecin car le mien prescrivait trop systématiquement des "kilos" de médicaments là où un seul aurait suffi. Le déficit de la sécu n'est pas une poubelle. Nous pouvons vivre plus seinement et plus sereinement. Déjà on entend les autorités nous mettre en garde contre la systématicité des prises d'antibiotiques. Il était temps, non ? PS : n'oublions pas non plus que les principes actifs des médicaments actuels sont souvent composés à base d'éléments chimiques tentant de recopier des composés végétaux actifs.
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O
Je l'avais bien compris ainsi. Dr WO
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C
Un soigné et l'autre pas... J'en bafouille !
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O
Pour enrichir les évidences. Dr WO
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C
Et ne pas oublier qu'un rhume non soigné dure 7 jours et qu'un rhume non soigné dure une semaine... Et que quelque soit la maladie on meurt toujours d'un arrêt du cœur... Etc.
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O
Il existe peut-être un rapport entre la cervicarthrose et l'écran. Dr WO  
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M
Bonjour Docteur, il y a longtemps que je ne suis pas venue consulter sur votre site (sourire), en revanche ai été contrainte, une fois n'est pas coutume, d'aller consulter les urgences voici 15 jours (c'est dire si je m'inquiétais)... Au lever problème avec mon bras droit, impossible d'écrire (c'est ce qui m'a "fichu la frousse", et une préhension limitée. Bref je m'étais déjà inhumée. L'interne de service m'a prescrit un anti douleur (alors que je ne souffrais absolument pas) et adressée à un rhumatologue. Il n'y a pas mort d'homme, une unco cervicarthrose.. et ce dont je rêve c'est de massage, de pétrissage, car je suis tendue comme un vieux baudet... Quand même je peux revenir sur over blog, mais j'ai corrigé ma position car précédemment c'était une catastrophe et quand on sait le temps que je passais devant l'écran... Bref cela me fait plaisir de vous retrouver.
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O
Les médicaments que nous utilisons aujourd'hui sont bien moins dangereux que les remèdes d'antan dont les dangers n'étaient aucunement évalués. La saignée, à l'époque, était quasiment une religion et appliquée à tout, y compris à l'anémie ! De quoi achever de nombreux malades. Dr WO
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C
Je souscrit à cette analyse. Contrairement à ce que pensent nombre de nos contemporains, l'homme a toujours utilisé (et même abusé) des remèdes, potions, lavements et saignées en tout genre. Les médicaments d'aujourd'hui ne sont ni plus dangereux, ni plus "addictifs", seulement plus efficaces.
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O
Le  corps médical est là pour soigner mais il sert aussi à rassurer ceux qui ont la crainte d'être malade. Mais il est évidemment préférable de ne pas devoir faire appel à lui. Reste que la société est de plus en plus médicalisée, c'est à la fois un bien et un mal. Dr WO
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Z
Tu crois vraiment, que nous avons besoin de nous faire confirmer par le corps médical que nous sommes en bonne santé. Pour ce qui me concerne, les toubibs, moins je les vois et mieux je me porte. Malheureusement il y a des cas où le corps médical est incontournable et en effet, on peut se demander si les "louzzous" (saloperies en breton) ne font pas plus dégâts qu'autre chose. Les molécules avalées déclenchent souvent d'autres maux. Par contre, pour les médecines parallèles, et pourtant j'habite une région qui pratique énormément, je trouve que c'est de la foutaise. Les passeurs de feu, de tout ou de rien, nés sous tel ou tel saint, franchement, c'est du boniment de bonne femme. Et je ne me gêne pas pour le faire savoir gentiment à certains voisins qui donnent ce style de soins. Bonne soirée Doc
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O
Pour se soigner après. Dr WO
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C
Mais non, ils veulent juste de la marijuana médicale !
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O
C' est ce que chacun espère. Dr WO
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S
Donc, 7 français sur 10 n'ont besoin que de la confirmation qu'ils sont en bonne santé !
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O
C'est une prescription encourageante. De toute façon, la maladie passe toujours. Dr WO
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P
Il y a des cas où la maladie guérit toute seule et où la prescription pourrait être "Attendez ça va passer". J'en ai fait l'expérience.
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O
Jusqu'à ce que mort s'en suive. Dr WO
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J
Rien de tel qu'une bonne saignée et quelques sangsues.
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