Ce billet fait suite à l’article
précédent (« Sexe and sexes) qui montrait, entre autres, que l’activité sexuelle était associée à une meilleure santé. L’hypothèse des auteurs était que pour maintenir cette activité, les
sujets s’efforceraient de suivre les prescriptions de prévention. Hypothèse hasardeuse, car on pourrait aussi bien inverser la proposition et suggérer que c’est au contraire la bonne santé qui
permettrait de maintenir l’appétit sexuel.
Une autre étude rétrospective, cette fois israélienne[1], s’est intéressée aux effets de l’amour et du mariage sur une seule maladie : l’accident vasculaire cérébral, mais uniquement chez les hommes, en étudiant le devenir de 9343 fonctionnaires entre 1963 et 1997. L’analyse a été réalisée après ajustement des différentes variables de confusion (statut socio-économique, index de masse corporel, pression artérielle, tabagisme etc…). . Les résultats montrent que le risque de décès par l’accident vasculaire cérébral est 64 % plus élevé pour les hommes célibataires que pour les hommes mariés et que ce risque est également 64 % plus élevé pour les hommes qui déclarent qu’ils ne sont pas satisfaits par leur vie de couple par rapport à ceux qui considèrent leur union comme un grand succès (si le risque est de 1 pour les hommes mariés heureux, il est de 1,64 pour les autres).
Ce qui permettrait de conclure que les
transports amoureux satisfaisants avec un conjoint éviteraient pour certains un « transport » au cerveau brutal. On savait que sexe et
cerveau avaient des liens indubitables, mais quel pourrait être le rapport entre le manque d’amour ou son instabilité et un caillot dans le cerveau ? L’abstinence plus ou moins prolongée
pourrait-elle prendre la tête ? Ce n’est pas le cas des célibataires susceptibles d’avoir une activité sexuelle intense, mais l’instabilité amoureuse, le manque d’amour véritable et la
complexité des relations doivent s’accompagner de stress et peut-être d’insatisfaction. Les prêtres catholiques qui ont fait vœu de chasteté vivent plutôt vieux (je n’ai pas connaissance dans
leur cas de la proportion d’accidents vasculaires cérébraux), mais on ne peut pas affirmer pour eux l’absence de relations amoureuses, leur éclosion éventuelle, que je suppose sporadique, ne doit
pas manquer de stress et/ou de culpabilité. Notons enfin, que les hommes mariés qui se conduisent en célibataires
ne devraient tirer aucun bénéfice de leur mariage. Un bon entendeur, salut.
[1] Goldbourt U : Unmarried working men and unhappily married at age 40-65 carry excess risk of 34-year stroke mortality. American Stroke Association’s International Stroke Conference 2010 (San Antonio) : 23 – 26 février 2010.