Le transsexualisme est habituellement défini de la façon suivante : « Condition d’hommes comme de femmes sans anomalies biologiques constantes connues qui ont le sentiment intense et pénible de ne pas être de leurs sexe de naissance, mais d’appartenir au sexe opposé. Les transformations corporelles qu’ils demandent en conséquence aux chirurgiens plasticiens et aux endocrinologues portent sur les signes sexuels primaires et secondaires et ont pour les transsexuels valeur de rectification. Aucun délire de type schizophrénique n’est détectable ».
Le transsexualisme est entré dans les mœurs et s’est banalisé.
Comme le montrent ces deux exemples :
Un concours pour le titre de plus beau transsexuel (parmi 120 postulants de 20 à 35 ans) s’est déroulé le 19/12/09 à Chennai dans le sud des Indes, dans un pays où l’homosexualité vient d’être récemment dépénalisée.
Plus significative est la question posée à des élèves du secondaire dans un cahier d’exercice dans les cours d’éthique et de culture religieuse récemment instaurés au Québec (Voyage vers les valeurs. Cahier d’activités Ethique et culture religieuse, 2e secondaire, LIDEC, 2008, p.10) et rapportée par le journal canadien Le Devoir :
“Indique
tes caractéristiques, tes goûts et tes intérêts :
1) Je suis un garçon :_________, Une fille : __________ Je ne sais pas encore : ________”
Délire ?
Dans la mesure où après les transformations, les transsexuels se disent satisfaits (ils sont peut-être allés trop loin pour dire le contraire), ils se considèrent comme « guéris », ce qui permet rétrospectivement d’avancer qu’ils étaient atteints d’une maladie marquée par un délire, mais uniquement sur leur identité sexuelle car ils sont le plus souvent d’une parfaite intégrité mentale, du moins une fois leur transformation faite. Les transsexuels parlent plus volontiers d’ « hermaphrodisme cérébral » (ce qui une spéculation jamais démontrée, mais on pourrait me rétorquer qu’il suffit d’attendre)
Construction ?
Dans cette pathologie psychiatrique, c’est le patient lui-même qui pose son diagnostic et les indications thérapeutiques, le traitement est auto-prescrit et le résultat auto-évalué, ce qui est tout de même exceptionnel. On ne peut donc pas affirmer que le traitement chirurgical et hormonal est le seul traitement possible de ce mal-être dans la mesure où c’est celui qui est habituellement réclamé par les intéressés. C’est une pathologie construite à la fois par le patient qui désire se faire opérer (et pour l’être il exclut tout homosexualité dans l’exposé de son cas) et le médecin qui en tire bénéfice.
D’ailleurs, la médecine a probablement contribué à augmenter le nombre de transsexuels. En mettant à leur disposition les possibilités de leur transformation, elle a augmenté la demande et on peut se demander si le transsexualisme n’est pas en partie iatrogène.
Affirmation du moi.
Le « droit » à changer de sexe, est l’expression de la primauté du moi face à l’assignation juridique et à la contrainte sociale.
La liberté de l’individu et la perception qu’il a de son moi s’étendent ici jusqu’à se soumettre aux manipulations les plus invasives sur son corps et la société occidentale a fini par les trouver justifiées. Pour que le droit admette le changement de sexe et la modification de l’état civil, il doit considérer que l’individu était malade et contraint de subir la transformation de son identité, la justice vient ainsi compléter la thérapie.
Ajoutons
que le transsexualisme quitte souvent le cadre de la pathologie pour apparaitre comme une revendication libertaire qui contribue à affirmer le moi du transsexuel.
