Veuillez m'excuser pour ce néologisme d'acronymophobie par lequel j’essaie de traduire les troubles que me provoquent les rafales de sigles dont sont troués les textes non littéraires, en espérant que ces derniers ne seront pas touchés à leur tour par l’invasion de ces initiales malfaisantes qui se groupent ensemble pour me déstabiliser. En médecine, c’est une épidémie. A la moindre occasion, au moindre motif : signe, syndrome, maladie, conduite thérapeutique, évaluation, classification, technique, imagerie…etc...naissent de nouveaux acronymes qui viennent s’ajouter aux anciens ou tenter de les remplacer. Chaque auteur veut introduire son acronyme en l’estimant plus séduisant que le précédent. Et je ne parle pas des acronymes dont sont affublées les études médicales, chaque sigle qui les intitule étant choisi avec soin afin que le groupement des initiales soit lui-même un mot, de préférence rigolo, afin qu’il soit retenu par la mémoire. La mémoire, voilà la triste vérité ; les acronymes par leur multiplication forment des forêts où je finis par m'égarer. Lorsque je les perds de vue pendant un temps, je finis par oublier leur signification et j’ai parfois l’impression que le texte est rédigé en langue étrangère. Vous comprenez mon désarroi, il ne faut pas plaisanter avec l’acronymophie, c’est sérieux. Si vous rencontrez d’autres acronymophobes, faites-moi signe, on pourrait ainsi créer une association et se grouper pour demander réparation pour cette atteinte à la santé mentale provoquée par des altérations de la langue.