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40. Le cadavre acteur

Le cadavre numérique

Si le médecin clinicien s’est aujourd’hui détourné du cadavre avec soulagement et ne se rend plus guère « au rendez-vous des thérapeutes », il n’en est pas de même de la télévision où l’autopsie est devenue une séquence obligée des séries policières avec un cadavre numérique flanqué d’un médecin légiste ricanant, clown blanc dont on attend des plaisanteries de carabin et des grivoiseries morbides. Sans oublier les pièces anatomiques exposées comme des œuvres d’art et les images de cadavres victimes des guerres et des catastrophes, glanées autour du monde, que le public fasciné regarde avec commisération.

                                                                                

Le cadavre magasin

La dépouille est à présent promue au rang de cadavre-magasin à qui on demande de fournir des organes à transplanter, la mort cérébrale étant une mort juridique laissant le corps vivant à la disposition du corps médical.

Remplacer un organe était une faculté divine. Ganesh à tête d’éléphant sur un corps d’enfant n’est-il pas le dieu de la sagesse ? Le centaure Chiron qui enseigna la médecine aux hommes transplanta le talon d’un cadavre de centaure sur Achille. Au IIIe siècle la greffe légendaire de la jambe d’un noir à un blanc par St Côme et St Damien, maintes fois représentée par les peintres du Moyen Age et de la Renaissance, en font les Saints Patrons des chirurgiens.


Fra Angelico : greffe d'une jambe (de noir) au diacre Giustiniamo


Les chirurgiens comme leurs saints savent à présent greffer la plupart des organes. On a plus ou moins résolu le problème de la maintenance de l’organe étranger. Reste celui de la matière première, elle manque et bien des malades doivent attendre longtemps et parfois jusqu’à la mort la greffe salvatrice. Ce marché en pleine expansion n’a pas échappé aux trafiquants qui organisent le commerce d’organes prélevés chez les plus démunis. Les réseaux les plus proches sont en Europe de l’Est et au Moyen Orient. Ils organisent les prélèvements d’organes sur des jeunes gens à bout de ressources pour une somme modeste, revendus trente à soixante fois plus cher aux malades en attente de greffe. Des médecins se prêtent à ce commerce lucratif de morceaux d’êtres humains vivants. De façon officielle, en Chine, les condamnés à mort constituent une matière première de premier choix.

Les hommes d’affaires piétinent devant les soues où les cochons transgéniques attendent dans une bienheureuse ignorance que leurs organes soient un jour acceptés par l’homme. « Quel admirable animal que le cochon. Il ne lui manque que de savoir faire lui même son boudin. » (Jules Renard). Du divin et de la sainteté aux marchands du temple, c’est toujours la même histoire.

Prélever à un mort de quoi faire vivre un vivant pourrait être considéré comme un cannibalisme parentéral salvateur. Les greffes d’organes sont évidemment spectaculaires, mais n’est-ce pas un aveu d’impuissance ?  On dépose l’organe malade lorsqu’on n’a pas pu le guérir ou le préserver et l’on pose à la place celui d’un moribond que l’on n’a pas pu sauver, mais que l’on maintient en vie pour l’occasion. Le don d’organe est évidemment nécessaire pour sauver ceux qui sont en attente de transplantation, mais ce n’est pas une raison pour jeter l’opprobre sur ceux qui refusent pour des raisons religieuses ou personnelles qu’ils ne sont pas obligés d’expliquer. Après tout on «  a quand même le droit… de refuser d’avoir affaire avec certaines gens même après sa mort. » (Fruttero et Lucentini) [1]



Documentation réunie avec la collaboration de Jean Waligora

[1] La Sauvegarde du sourire, éd arléa 1989.

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O
Pour voir si les banques vous ont laissé quelque menue monnaie. Dr WO
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L
Et maintenant, nous allons passer parmi vous ...
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O
Dans un numéro totalement improvisé d'humour macabre. Dr WO
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L
Le Docteur WO et le Huron, les joyeux duettistes d'over-blog!
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O
Je constate avec satisfaction que les boulons du Huron ont déclenché une mécanique du rire. Dr WO
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J
Oh, docteur Wo... ce que j'ai pu rire de ces commentaires style conversation et tout plein d'humour ....Eh oui(j'avoue tout) moi non plus... je ne suis pas à un boulon près...quant à tarauder, non, non non....merci...<br /> bonne journée ...
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O
Pour ne pas vous perdre, comme le Petit Poucet, on suivra les boulons. Dr WO
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L
Hé bé! Il va y en avoir du monde pour l'autopsie! Je crois que je vais vendre des places, ça me fera un petit complément de retraite. Je pourrai peut-être mettre du sucre dans ma camomille le dimanche.
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O
Oui, je comprends, c'est de l'intérêt scientifique, je ne peux que l'encourager Dr WO
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S
Sadisme ? Noooon ! Juste une grosse curiosité : j'ai déjà vu des robots perdre leurs boulons dans des films, mais un humain, jamais ! Si en plus c'est Le Huron...
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O
Une petite note de sadisme, peut-être ? Il est vrai qu'une mouche n'a pas grand risque de le bousculer. Dr WO
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S
Il y a vraiment des jours où on rêve d'être une mouche ! Rien que pour aller voir Le Huron perdre ses boulons...
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O
Souliko semble regretter de ne pas voir le spectacle. Dr WO
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L
Il faudrait tarauder. Je ne préfère pas. Tant qu'on ne me secoue pas ... je tiens encore ensemble.
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O
Il n'y a pas quelqu'un pour les revisser ? Dr WO
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L
Je ne risque plus rien: je perds mes boulons!
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O
Choisir son éventuel receveur de son vivant ? Voilà qui risque de pousser au crime. Dr WO
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L
Vous avez raison : il y a des gens à qui on ne donnerait ni l'heure ni le bon Dieu sans confession pourquoi donc leur ferait-on cadeau d'un morceau de nous-mêmes auquel on s'est attaché? Plus sérieusement on devrait avoir le droit de choisir à qui SE donner.<br /> <br /> PS. Je ne connais pas cette oeuvre des deux italiens. Je vais me renseigner, sinon je vous contacte.
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O
Je vous encourage vivement à la dépasser largement. Dr WO
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S
Je vais faire un effort pour y arriver, à la date de péremption !
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O
Je vous souhaite de ne rien laisser d'utilisable, car après un certain âge les organes ont dépassé la date de péremption. Dr WO
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S
A quand le supermarché du kit humain à monter soi-même ? <br /> Vous avez raison, chacun fait ce qu'il veut de son corps...même après sa mort. Personnellement je me fiche complètement qu'on me prenne (après) ce qui peut encore servir...tant que c'est utilisable !
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