Reste que cesser le travail dans les services hospitaliers en ce moment manque un tantinet de civisme et d’altruisme, ce qui conduit à remettre en question le choix professionnel des futurs grévistes : soigner des malades, ce n’est pas la même chose que fabriquer des automobiles. Les patients ne sont pas des objets que l’on peut abandonner à leur sort lorsque l’on est mécontent, mais ceux qui arrêtent de participer à l’activité hospitalière savent que les autres s’en chargeront jusqu’à épuisement.
Force est de constater que la réticence à ajouter cette obligation vaccinale aux autres (qui avaient été acceptées) pour lutter contre la pandémie actuelle est inversement proportionnelle au degré de formation. Elle est forte chez les ambulanciers et les aides-soignantes, moins élevée chez les infirmières et quasi nulle chez les médecins. Il serait outrecuidant de ma part de suggérer que plus on est formé moins on est con et plus on est altruiste ou courageux, car ayant rencontré dans ma pratique des gens remarquables parmi les ambulanciers et les aides-soignantes, une telle généralisation serait injuste et erronée. Je préfère penser qu’une bonne formation permet d’être mieux renseigné et moins sensible aux rumeurs. Par ailleurs, plus on est bas dans la hiérarchie sociale, et plus on subit une domination dans le cadre professionnel, plus on a tendance à adhérer à des syndicats qui se disent révolutionnaires car comme le dit – à peu près - je ne sais plus qui : la révolution consiste essentiellement en un changement de propriétaires.