Dans quelques jours nous atteindrons le mois de confinement. La période d’incubation du covid-19 serait au maximum de 14 jours, et si l’on estime qu’il faut environ 8 jours pour que les signes de la maladie se développent une fois son apparition, le temps de confinement acquis dépasse le temps d'incubation + l’installation de la maladie. Donc la question bête à laquelle les infectiologues et épidémiologistes ont peut-être déjà répondu, réponse qui m’a échappé : pourquoi le flux des hospitalisés (nous ne connaissons pas le nombre de contaminés, mais celui des hospitalisés en est probablement le reflet) continue à croître (même si cette croissance ne s’accélère pas) ? Une enquête a-t-elle pu être faite pour savoir comment ces nouveaux cas se sont contaminés ?
On peut émettre quelques hypothèses :
- confinement et distanciation sociale non respectés, ce qui ferait beaucoup de rebelles
- contamination par des personnes contaminées mais non hospitalisées et renvoyées à leur domicile.
- contamination liée au confinement lui-même en créant un contact intime entre des contaminés asymptomatiques (notamment les enfants) et ceux sensibles à la maladie.
- contamination touchant les personnes ayant continué à travailler notamment pour nous soigner et assurer nos besoins.
- mode de contamination X : air ou surfaces inertes (courrier par ex.)
Je suppose que cette question a été soulevée, mais à ma connaissance, il est simplement constaté que la contamination s’accroit malgré plus de trois semaines de confinement, que ce fameux pic ou plateau n’est toujours pas là, mais je n’ai vu personne s’en étonner.
J’ignore si une enquête a été faite pour déterminer le profil sociologique des hospitalisés contaminés pendant le confinement passé la période d’incubation. Une enquête qui aurait peut-être permis de mettre en évidence, à côté des avantages, les faiblesses de la stratégie de confinement et permettre éventuellement leur correction.
A Wuyan, le foyer initial de la maladie, le confinement (sûrement respecté, compte tenu du régime) a duré 10 semaines, 5 fois la période d’incubation de la maladie. Pourquoi ?
Je suis sûr que je vais avoir honte d’avoir posé cette question et que les épidémiologistes en rigoleraient.
ADDENDUM Finalement, ils ne rigolent pas si j'en crois les déclarations faites le 11 avril par William Dab, épidémiologiste et ancien directeur général de la santé, parmi lesquelles on peut trouver les questions et les hypothèses formulées dans ce billet édité le 9 avril. Donc pas de honte par ignorance, mais autant de perplexité : notre prévention parait rudimentaire.