Une étude parue dans Inter J Epidemiol[1] montre que le stress provoqué par des actes terroristes peut modifier le déroulement de la gestation des femmes qui le subissent. Mais curieusement, les conséquences touchent davantage les fœtus masculins que féminins. Un phénomène semblable avait déjà été observé aux États-Unis à la suite des attentats du World Trade Center le 11 septembre 2001.
L’étude récente basée sur une analyse des naissances franciliennes ayant encadré les attentats parisiens du 13 novembre 2015 a mis en évidence un nombre de naissances prématurées des fœtus masculins accru suite à l’évènement ainsi qu’un sex ratio déséquilibré en faveur des naissances de filles. Ceci n’a pas été observé pour d’autres périodes et dans le reste du territoire pour la période concernée.
Doit-on en conclure que des fœtus masculins ont plus souvent la trouille que les féminins de ce qui se passe à l’extérieur et préfèrent rester dans l’utérus jusqu’à ce que mort s’ensuive, alors que d’autres sortent volontiers prématurément, poussés soit par une curiosité pour voir ce qui se passe dehors, soit parce qu’ils ne supportent plus l’angoisse de la génitrice.
J’ajoute que ces hypothèses n’ont aucunement été émises par les auteurs de l’étude. Ce sont des gens sérieux qui suggèrent plutôt une fragilité accrue des fœtus masculins sous l’influence in utero de facteurs de stress. Ce qui, évidemment, n’explique rien, mais qui suggère que les genres bien différenciés existent déjà dans l’utérus sans avoir besoin de la pression sociale pour exister.
[1] Bruckner TA, Lebreton É, Perrone N, Mortensen LH, Blondel B. Preterm birth and selection in utero among males following the November 2015 Paris attacks. Int J Epidemiol. 2019 Jun 24 [Epub ahead of print]. doi: 10.1093/ije/dyz089. PMID: 31231759