La Movember Foundation, première ONG mondiale pour la santé masculine, à l’origine de cette manifestation, vise à faire de la prévention auprès des hommes de tous âges et de faire progresser la recherche, en particulier sur le cancer de la prostate, le cancer des testicules et la prévention du suicide. Les objectifs sont ambitieux : réduire d’ici 2030 la mortalité prématurée des hommes de 25%, leur taux de suicide de 25%, et le nombre de décès dus au cancer prostatique et testiculaire de moitié.
Au programme de ce Movember 2017 : bouger, manger mieux, et récolter des dons pour la recherche." (Egora avec la Fondation Movember).
Le programme de cette fondation laisse rêveur. On est frappé par l'originalité de la recommandation : "bouger et manger mieux" qui nous est affligée de façon itérative, notamment au bas des écrans des téléviseurs, et on voit difficilement la rapport de cette recommandation avec le cancer de la prostate ou celui des testicules et la prévention du suicide. Par contre, la recherche de dons ne nous surprend pas.
Les hommes vont-ils laissé pousser leur moustache pendant tout le mois de novembre ? Ceci pour suivre la proposition de la Fondation Movember (contraction de Mo pour moustache et de november). Cette manifestation pileuse existe en Australie depuis 2003 et seulement depuis trois ans en France.
L'épidémie associative, dont la prévalence augmente de façon inquiétante, touche tous les domaines et dans celui de la santé elle atteint, non seulement les malades, mais également les futurs malades comme c'est le cas pour ce mouvement moustachu.
La moindre particularité pousse ses porteurs à se regrouper pour la promouvoir ou la défendre ou simplement pour ne pas se sentir seul. L'épidémie associative peut revêtir schématiquement deux formes cliniques :
- La forme pour : se répandre pour la reconnaissance d'une situation ou d'une maladie (c'est le cas aujourd'hui pour les formes chroniques de la maladie de Lyme, dont l'existence est discutée). Oeuvrer pour que la particularité, qu'elle soit présente ou future, se manifeste dans l'espace public afin d'être soutenue, respectée, et dans l'idéal, subventionnée.
- La forme contre : revendiquer un changement ou un traitement et accuser toutes les instances de ne pas en faire assez pour l'obtenir, c'est une forme politique, et dans ce cas, il est sous-entendu que les autres - le gouvernement, le corps médical, voire l'ensemble de la société - sont plus ou moins responsables de ce que l'on est ou de la maladie dont on est atteint. Ce fut en particulier le cas pour le SIDA quand aucun traitement n'existait encore, et lorsqu'un traitement fut trouvé, les gens qui avaient manifesté pensèrent par la suite que c'était grâce à eux que les recherches avaient abouti .
La recherche de fonds, elle, ne manque jamais, ne serait-ce que pour nourrir les cadres de l'association.
L'épidémie associative dont le but est de réunir aboutit, en fait, à de multiples divisions du corps social. Il est fréquent que les associations, organisations, ligues, mouvements, collectifs, fondations…finissent par s’opposer puisque chaque groupement suscite souvent son contraire ou son concurrent (on se souvient de la confrontation à propos de la récolte de fonds entre le Téléthon et les associations de lutte contre le SIDA ). Voir : "Le caritatif s'épanouit dans la souffrance"