J’ai vu avec intérêt – je n’ose pas dire avec plaisir – réapparaître dans la lucarne mes confrères infectiologues qui avaient disparu au profit des militaires, mais rassurez-vous, ceux-ci n’ont pas disparu. Les journalistes, qui ont décidemment du grain à moudre, alternent avec bonheur les deux équipes : celle qui explique les dispositions pour ne pas mourir de cette peste virale, puisque le rat serait l’hôte de l’hantavirus, et celle qui explique la façon la plus efficace de tuer son prochain. Il apparait d’ailleurs que ce virus est aussi efficace que les armes puisqu’il pourrait tuer une fois sur deux ou trois lorsqu’il atteint son but.
J’ai constaté que, comme moi, les infectiologues ont un peu vieilli depuis la dernière pandémie de covid-19, mais que leurs discours ne changent pas, ce qui est logique. J’avoue que ne connaissais absolument pas cet hantavirus qui semble se complaire dans les Andes et je ne suis pas sûr que nos infectiologues en avaient vraiment connaissance. Je suppose qu’ils se sont précipités sur la bibliographie avant de pouvoir répondre aux questions des journalistes alors qu’ils n’ont guère de réponses à fournir sur une épidémie à ses débuts et dont l’évolution ultérieure est pour l’instant imprévisible.
En tout cas il semble bien que l’on tremble en haut lieu en faisant savoir que l’on envisage de se réunir fréquemment, même si l’on n’a rien à se dire. Les laboratoires doivent plancher sur un vaccin en se frottant les mains, les antivax doivent époussetter leurs banderoles et s’enquérir de la forme de Raoult qui peut toujours servir de caution scientifique.
Quoi qu’il en soit, ces évènements ont augmenté ma répulsion pour ces monstrueux bateaux de croisière flottant sur les mers comme des immeubles polluants dans lesquels mijotent dans leur jus une population fortunée.
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