556. Ne laissez pas traîner votre cocaïne.
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Surtout dans les toilettes car vous risquez de désorienter les saumons et de modifier leurs déplacements s’ils sniffent les eaux que vous avez usées. C’est ce qu’ont démontré des Suédois dans une étude récemment publiée dans Current Biology en droguant des saumons dans leur milieu naturel. « 105 saumons atlantiques juvéniles ont été équipés (drogue et repérage) et répartis en trois groupes dans le lac Vättern, en Suède, pendant huit semaines : un groupe contrôle, un groupe exposé à la cocaïne et un groupe exposé à la benzoylecgonine, le métabolite primaire de la cocaïne, fréquemment détecté dans les eaux usées ». C’est ce métabolite qui parait le plus délétère et sous son effet les saumons ont fait n’importe quoi. La cocaïne et ses dérivés pénètrent dans les eaux via les systèmes d'assainissement, qui ne sont pas conçus pour éliminer ces composés et leur présence dans les milieux aquatiques est désormais observée à l'échelle mondiale, à mesure que le marché de la cocaïne prend de l’ampleur. Une clientèle animale qui échappe aux narcotrafiquants.
Pauvres bêtes, j’espère qu’Aymeric Caron protestera à la fois contre la maltraitance des saumons et le péril écologique représenté par nos déjections. Il y a malheureusement des chauffards drogués qui se prennent pour des saumons désorientés au volant de leur voiture en faisant de dangereuses queues de poisson.
Illustration : Bernard Buffet : « Nature morte »
Source : article de Frédéric Haroche paru dans le Journal international de Médecine