Le vélo et moi
Emmanuel Grégoire, le soir de son élection comme nouveau maire de Paris a enfourché un velib’électrique pour se rendre sur sa monture de Stalingrad, dans le XIX arrondissement de Paris, à l’Hôtel de Ville par une marche écologique triomphale. Une opération de communication bien préparée nécessitant un vélo en état de marche mis à la portée du nouvel édile.
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Le vélo est devenu le symbole de la politique de la ville de Paris, et pour moi un ennemi personnel. Bien que je n’utilise plus la voiture pour circuler dans Paris, je suis effaré par la dimension des pistes cyclables qui amputent parfois la moitié des chaussées, si bien que les voitures sont bloquées sur la partie qui leur est dévolue en dégageant massivement leurs gaz polluants sans bouger, alors que sur la piste cyclable on voit de temps en temps passer un cycliste. Spectacle que je trouve à la fois stupide et irritant quand le bus dans lequel je me trouve reste bloqué au milieu des embouteillages.
Non seulement le vélo est devenu le roi de la circulation parisienne, mais celui qui le monte estime que tout lui est permis en raison de sa qualification écolo-compatible. Le cycliste parisien est dangereux pour lui et les autres : il ne respecte pas les feux des croisements, il circule volontiers sur les trottoirs en zigzagant entre les piétons, et il prend évidemment les sens interdits. Le piéton désarmé doit rester vigilant car sa déambulation est devenue périlleuse : un vélo peut surgir de partout, parfois monté par un cavalier hésitant, et d’autant plus pervers qu’il roule silencieusement.
Vous comprenez pourquoi le cycliste parisien est mon ennemi personnel bien que je sois moi-même écolo-compatible par mon activité essentiellement pédestre, et je me demande si Grégoire qui a commencé son mandat en faisant le malin sur sa monture vélocipédique ne va pas le devenir s’il continue à faire de Paris qu’un parc d’attraction pour touristes et bobos.