Le triomphe du supplicié
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Ce « Christ mort », grandeur nature, fut peint sur un panneau de bois par Hans Holbein le Jeune entre 1520 et 1522. Il est exposé dans un musée de Bâle. Descendu de la croix, le corps du Christ est allongé dans sa tombe. Il est dans un état misérable, proche de la putréfaction, du sang noir séché sur les plaies, mâchoire inférieure pendante, deux mèches de cheveux dérisoires pendouillent sur le linceul. Le tableau porte l’inscription « Jésus de Nazareth roi des Juifs ». Il ne représente pas un Christ triomphant ou souffrant mais un corps en voie de décomposition. C’est ainsi que j’ai vu des corps en salle d’autopsie. Des croyants (dont Dostoïevski) en voyant cette représentation du Fils de Dieu doutèrent que ce corps ait pu ressusciter, évènement essentiel pour croire en sa divinité.
C’est pourtant à partir du supplice infligé par les Romains à ce corps et de sa mort que des Juifs ont créé une religion en donnant aux Chrétiens leur Dieu et en inspirant un chamelier d’Arabie pour en créer une autre six siècles plus tard. Ils en furent punis pendant deux millénaires.