De l’intérêt des boucs émissaires
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Ayant largement dépassé les 4000 billets sur ce blog, je m’aperçois que s’il n’y avait pas Trump et Mélenchon, je n’aurais plus grand-chose à dire. Ce sont, en quelque sorte, mes boucs émissaires, à la différence qu’ils sont chargés de leurs propres fautes et non des miennes que j’évite d’étaler au grand jour, préférant étaler les leurs.
Ainsi, Trump aimerait bien que les Européens s’investissent dans la guerre contre l’Iran car en cas d’échec, il ne manquerait pas de leur en attribuer la responsabilité. Comme les Européens ne veulent guère s’engager, il les traite de lâches ce qui fait passer sa propre personne comme courageuse à peu de frais.
Dans cette guerre, le régime iranien qui renouvelle ses têtes et ses missiles au fur et à mesure qu’ils tombent, semble tenir plus que l’on pouvait le penser, et le monde n’a pas tardé à estimer que Trump ne voulait pas de cette guerre devenue régionale et qu’il s’est fait manipuler par Netanyahou. Trump, l’égocentrique, devient ainsi la victime innocente d’un complot.
Mélenchon, en prophète tonitruant, charge Israël, et les Juifs par ricochet, de tous les maux, si bien que l’on ne parle jamais de ses propositions délétères pour gouverner la France et de ses sympathies pour les dictateurs pas toujours de gauche. Il tend à rejoindre de plus en plus les antisémites professionnels comme Soral qui ne vivent que par l’exploitation de leur haine des Juifs et par voie de conséquence de leur sympathie pour les islamistes.
On voit que les boucs émissaires sont indispensables à la bonne marche du monde, grande cour de récréation tragique où l’on ne cesse de répéter : « ce n’est pas moi, c’est lui ».
Illustration : Arbonville Jérôme "Le bouc émissaire"