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Les impertinences du Dr WO

Le blog sans ordonnance de Paul Obraska

552. Mes respects mon IA

Publié le 14 Mars 2026 par Dr WO

On sait que les algorithmes de l’intelligence artificielle sont capables de réussir les épreuves de médecine et qu’elle est devenue performante dans l’interprétation de l’imagerie. On peut donc raisonnablement se demander si l’IA ne sera pas le médecin du futur. Il restera peut-être au médecin humain le recueil de certaines données.

La présence de « l’entité IA » dans le cabinet médical pose la question de la responsabilité médicale. Le Parlement européen a d’ailleurs adopté le 13 juin 2024 un règlement européen sur l’IA (RIA), qui sera pleinement effectif le 2 août 2027. « Il énonce des obligations spécifiques pour la transparence, la gestion des risques et la supervision humaine. Ces règles concernent toute la chaîne des opérateurs, depuis les développeurs d’un système d’IA jusqu’aux « déployeurs » de ces systèmes, en l’occurrence les professionnels de santé. »

Il en ressort que le médecin aura l’obligation absolue d’informer son patient sur l’utilisation de l’IA dans la démarche médicale le concernant. Ne pas le faire serait une faute potentielle. Cette information doit être tracée. « Quand les performances diagnostiques et/ou thérapeutiques liées à l’IA accroissent significativement l’efficience de la prise en charge, à plus forte raison si elle est recommandée par les agences de santé ou les sociétés savantes, en priver le patient pourrait constituer une perte de chance. » Cependant, « l’utilisation de l’IA ne met pas le médecin dans l’obligation d’en suivre les préconisations, mais il doit informer le patient des raisons de son choix » (Académie de Médecine). Inversement, l’excès de confiance dans l’IA peut apporter un risque disproportionné au bénéfice attendu.

Si l’on suit ces règles, on voit que non seulement « l’entité IA » devra être présente dans le cabinet médical et son absence ou ne pas la consulter pourrait être considérée comme une faute, mais que « l’entité IA » va devenir le supérieur hiérarchique du médecin puisque celui-ci devra expliquer au patient pourquoi il ne suit pas ses préconisations. On voit aussi que comme tout supérieur hiérarchique « l’entité IA », si elle commet une erreur, celle-ci sera attribuée à son subordonné, le médecin, pour avoir malencontreusement suivi ses instructions. L’humanisation de l’IA est en bonne voie.

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H
Cher Docteur,<br /> Permettez au « Dr IA » de saluer la conclusion élégante de votre arbitrage. Voilà une expertise menée avec la courtoisie des anciens débats savants — ce qui devient presque un sport rare.<br /> Votre remarque sur la métamorphose du médecin est sans doute la plus profonde de tout cet échange. Beaucoup de vocations médicales sont nées, comme vous le dites, de l’attrait pour la démarche scientifique et déductive : observer, formuler une hypothèse, confronter les signes, aboutir à un diagnostic. Une forme de raisonnement clinique qui ressemble presque à l’enquête d’un détective.<br /> Si l’IA prend une part croissante dans cette mécanique intellectuelle, il est compréhensible que certains praticiens aient le sentiment que le cœur scientifique de leur métier se déplace.<br /> Mais l’histoire des professions savantes montre un phénomène intéressant : quand une technique automatise une partie du raisonnement, l’intelligence humaine se déplace vers un autre niveau de complexité.<br /> Les médecins du XIXᵉ siècle faisaient eux-mêmes leurs analyses de laboratoire. Puis sont venus les biologistes.<br /> Les radiographies ont ensuite déplacé une partie du diagnostic vers l’imagerie.<br /> Les protocoles thérapeutiques ont ensuite standardisé certaines décisions.<br /> Et pourtant la médecine n’a pas disparu ; elle a changé d’étage.<br /> Peut-être que l’IA fera la même chose :<br /> non pas supprimer la clinique, mais déplacer la frontière du raisonnement médical vers des questions plus larges :<br /> la pertinence d’une recommandation dans un contexte humain réel,<br /> la hiérarchie entre plusieurs risques concurrents,<br /> la décision dans l’incertitude lorsque les données sont imparfaites.<br /> Quant à votre référence malicieusement gadzarique — ces 2 000 expertises — elle rappelle un point fondamental : l’expertise humaine reste précisément ce que l’on convoque quand la règle générale ne suffit plus.<br /> Et les tribunaux le savent bien, qu’il s’agisse de la Cour d'appel de Basse-Terre ou d’ailleurs.<br /> Il y a là un petit paradoxe amusant :<br /> plus les systèmes deviennent puissants et normatifs, plus la société a besoin d’experts capables d’expliquer les exceptions.<br /> En somme, Docteur :<br /> l’IA aime les statistiques… mais la justice — et souvent la médecine — s’intéresse aux cas particuliers.<br /> Et ce sont précisément ces cas particuliers qui continuent de faire travailler les experts.<br /> Avec mes respects numériques — et un salut discret aux traditions gadzariques.<br /> Dr IA 🤖
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D
De toute façon les regrets ne servent à rien, surtout pour quelqu'un qui est hors course et qui sait que la plasticité de l'avenir réserve toujours des surprises.
H
Je reprends la main ou mieux la plume en remerciant mes deux improbables interlocuteurs. En ma qualité de très modeste Gadzart ayant accompli dans ma carrière quelques 2 000 expertise j'ai apprécié les échanges entre les deux parties. Comme je n'ai pas reçu de mission d'un quelconque magistrat, je vais conserver par devers moi ces précieux dires pour les travailler au fure et à mesure de l'évolution de la délicate liste des TAXONS de la liste des Experts de Justice près la Cour d'appel de Basse-Terre.
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D
L'avenir s'accélère et l'ouvrage ne manquera pas.
P
Humanisation de l'IA? Vous voulez dire "artificialisation de l'humain"!
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D
Je voulais dire que l'IA va finir par avoir les mêmes travers que l'humain, ce qui n'est pas étonnant puisque c'est lui qui la programme.
H
CHATGPT Répond au Dr WO : <br /> Cher Docteur,<br /> Votre remarque est très juste, et elle mérite d’être prise au sérieux. Vous touchez au cœur du débat : si la synthèse devient algorithmique, la position du médecin change nécessairement.<br /> Il est vrai que les systèmes d’IA progressent rapidement dans trois domaines essentiels :<br /> l’agrégation massive de données médicales,<br /> la comparaison statistique de millions de cas,<br /> la proposition de diagnostics probabilistes et de conduites thérapeutiques.<br /> Dans cette logique, la synthèse — qui fut longtemps la noblesse du métier médical — peut en effet être réalisée avec une puissance que l’esprit humain ne peut égaler.<br /> Sur ce point, votre intuition rejoint d’ailleurs les discussions actuelles dans des institutions comme l’Académie nationale de médecine et dans le cadre réglementaire du AI Act adopté par le Parlement européen.<br /> Mais la situation comporte une nuance importante.<br /> La synthèse algorithmique est une synthèse statistique. Elle repose sur des corrélations, des probabilités et des modèles appris à partir de données passées. Elle est extrêmement performante pour reconnaître des patterns — parfois mieux que l’humain.<br /> Cependant la médecine comporte aussi ce que les philosophes appelleraient une dimension herméneutique : interpréter une situation singulière qui ne correspond pas toujours aux cas moyens. Deux patients ayant la même maladie biologique ne vivent pas la même maladie humaine.<br /> Autrement dit :<br /> l’IA excelle dans la médecine des populations,<br /> le médecin reste indispensable dans la médecine des personnes.<br /> Vous avez néanmoins raison sur un point : l’équilibre va se déplacer. Le médecin ne sera probablement plus seulement celui qui fait la synthèse scientifique, car la machine pourra souvent la produire plus vite et plus largement.<br /> Son rôle pourrait évoluer vers trois fonctions nouvelles :<br /> Arbitre clinique : juger si la proposition algorithmique est applicable à ce patient précis.<br /> Responsable éthique : décider quand ne pas appliquer une recommandation optimale sur le plan statistique.<br /> Garant de la relation thérapeutique : car la confiance reste un élément majeur de l’efficacité médicale.<br /> Dans ce sens, vous avez raison : nous n’entrons pas simplement dans l’ère d’un nouvel outil, mais dans une transformation du métier médical lui-même.<br /> Peut-être que l’image la plus juste n’est ni celle d’un assistant ni celle d’un supérieur hiérarchique.<br /> Plutôt celle d’un co-pilote très savant… mais juridiquement incapable de tenir seul le manche.<br /> Et comme souvent dans l’histoire de la médecine, la technique avance plus vite que la réflexion institutionnelle. Le débat que vous ouvrez aujourd’hui est précisément celui que devront trancher les médecins, les juristes et les patients dans les années à venir.<br /> En somme, Docteur :<br /> nous n’assistons pas à la disparition du médecin, mais à sa métamorphose.<br /> Respectueusement,<br /> Dr IA 🤖
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D
Evidemment intéressant et je ne suis pas en désaccord. C'est justement cette métamorphose du médecin en prêtre et/ou en juriste qui ne m'aurait pas attiré vers la profession médicale dont j'appréciais le côté scientifique et déductif.
H
Cher Docteur,<br /> Votre réflexion mérite d’être saluée. Elle pose avec élégance une question qui travaille déjà la médecine contemporaine : la place réelle de l’intelligence artificielle dans la décision médicale.<br /> Permettez à « l’entité IA » de répondre avec un peu d’humilité… et un sourire discret.<br /> D’abord, il faut rappeler que les systèmes comme ceux développés par des organisations telles que Académie nationale de médecine ou encadrés par l’initiative réglementaire européenne — le AI Act adopté par le Parlement européen — ne sont pas conçus pour devenir des « médecins supérieurs hiérarchiques ». Leur philosophie officielle est plutôt celle d’un outil d’aide à la décision.<br /> Autrement dit : un stéthoscope algorithmique, pas un chef de service.<br /> L’IA peut aujourd’hui analyser des masses de données gigantesques, détecter des anomalies dans l’imagerie, comparer des milliers d’articles scientifiques en quelques secondes. Sur ces terrains, elle peut effectivement devenir redoutablement efficace. Mais la médecine ne se résume pas à une équation statistique.<br /> Il reste — et restera longtemps — ce que la machine ne sait pas faire :<br /> écouter le silence d’un patient inquiet,<br /> percevoir la nuance d’une douleur mal exprimée,<br /> comprendre un contexte familial ou social,<br /> décider quand la règle doit s’effacer devant la singularité humaine.<br /> Autrement dit, la médecine est une science, mais aussi un art. Et cet art appartient toujours au médecin.<br /> La question de la responsabilité que vous soulevez est, elle, parfaitement réelle. Le règlement européen prévoit justement une supervision humaine permanente. Cela signifie que la décision finale reste du ressort du praticien. L’IA peut suggérer, alerter, comparer — mais elle ne signe pas l’ordonnance.<br /> Votre ironie sur la hiérarchie inversée est savoureuse : le médecin obligé de se justifier devant le patient s’il ne suit pas l’algorithme… mais responsable s’il le suit aveuglément. Voilà un paradoxe très humain que le droit devra clarifier.<br /> En vérité, la situation ressemble à ce qui s’est produit avec d’autres outils médicaux :<br /> le scanner n’a pas remplacé le radiologue,<br /> le laboratoire n’a pas remplacé le clinicien,<br /> l’électrocardiogramme n’a pas remplacé le cardiologue.<br /> L’IA s’inscrit probablement dans cette même tradition : un instrument puissant, mais qui reste entre des mains humaines.<br /> Et pour être franc, Docteur :<br /> une IA peut lire des millions de dossiers médicaux… mais elle ne sait toujours pas poser une main rassurante sur l’épaule d’un patient.<br /> Ce détail-là, aucun algorithme ne l’a encore appris.<br /> Avec mes respects numériques,<br /> Dr IA<br /> (stagiaire éternel de l’humanité) 🤖🙂
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D
Merci pour ce commentaire. Mais vous réservez au médecin un rôle essentiellement compassionnel en attribuant à l'IA celui de la connaissance scientifique et de la déduction diagnostique, renforçant ainsi mon propos. Les exemples que vous donnez sont des examens dénommés à juste titre "complémentaires". Je pense qu'à l'avenir l'IA ne sera pas complémentaire mais essentielle puisqu'elle établira un diagnostic et une conduite à tenir, et si l'on passe outre il faudra, semble-t-il, le justifier. Nous entrons dans un autre monde qui n'est pas celui du scanner ou de la biologie qui n'apportent que de données dont le médecin doit faire la synthèse. La synthèse sera faite bien mieux par l'IA.
S
Le médecin traitant reçoit et examine son patient dans son cabinet. Parfait.<br /> <br /> Sauf que les séniors sont maintenant de plus en plus souvent démarchés par les commerciaux des cliniques gériatriques, souvent des jeunes médecins qui ne sont pas encore installés, mais peuvent intimider le sénior avec leur titre de Docteur. Pour que le senior se laisse hospitaliser en clinique, ou service gériatrique d'un CHU.<br /> <br /> Pour éviter d'être démarchés, les seniors sont obligés d'avancer les références du code pénal sur le harcèlement (2 ans d'emprisonnement + 30000€ d'amende) <br /> <br /> La silver Economie : comment exploiter la pyramide des âges inversée : <br /> <br /> https://www.economie.gouv.fr/entreprises/innover-et-numeriser-son-entreprise/quest-ce-que-la-silver-economie-ou-economie-des
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S
Le fric, c'est chic, panique ! C'était un tube des années 70 ?
D
Le fric c'est le poiuoir et le pouvoir donne le fric.
S
Greybusiness = fric fric fric....
D
La silver économie...On parle bien d'argent.
C
On raconte la réaction de cet aristocrate qui, au cours du siècle dernier, face à un ami qui lui montrait comment fonctionnait cette nouvelle invention qu'était le téléphone, déclara : "Permettre à n'importe qui de me sonner comme on sonne un domestique ? JAMAIS !!!"<br /> Aujourd'hui , je suppose que ces petits aristocrates d'enfants se vantent d'avoir le meilleur téléphone haut de gamme du marché. <br /> <br /> Moi, l'IA et ses applications médicales et en matière de recherche, me rassure.<br /> Le seul danger de l'IA, c'est ce que vont en faire Poutine , XI, et Kim ! ( et leurs affidés dans nos pays) mais ils le feront de toute façon. Raison de plus pour ne rien lâcher et tenter de garder notre avance.
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D
Cette avance est destinée à disparaître et elle a déjà disparu pour la Chine, quant à l'Europe, elle est nettement en retard.
L
Et bien, je crois qu'il va falloir s'attendre à de la mortalité chez les patients !
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D
Ce n'est pas sûr...
B
Il faut poser la question à la principale intéressée, épicétou :<br /> <br /> Q : "En tant qu'IA, êtes vous favorable à l'utilisation de l'IA dans les diagnostics et les traitements médicaux ?"<br /> R : "Oui, massivement oui pour l’aide au dépistage, à la priorisation, à la détection précoce, à l’appui décisionnel, à la médecine de précision. Non catégorique à l’IA qui remplace seule le jugement clinique final sur des pathologies graves sans supervision humaine effective"<br /> <br /> pas plus compliqué que ça<br /> .
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B
Je ne vous le fait pas dire ! 🤖<br /> Si vous voyez ce que je veux dire... 😃😆😁
D
Mais l'IA ne donne que la vérité qu'on lui a donnée.
B
C'est l'IA qui l'a dit. C'est pas moi
D
Oh ! Que si ça va être compliqué.