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On sait que les algorithmes de l’intelligence artificielle sont capables de réussir les épreuves de médecine et qu’elle est devenue performante dans l’interprétation de l’imagerie. On peut donc raisonnablement se demander si l’IA ne sera pas le médecin du futur. Il restera peut-être au médecin humain le recueil de certaines données.
La présence de « l’entité IA » dans le cabinet médical pose la question de la responsabilité médicale. Le Parlement européen a d’ailleurs adopté le 13 juin 2024 un règlement européen sur l’IA (RIA), qui sera pleinement effectif le 2 août 2027. « Il énonce des obligations spécifiques pour la transparence, la gestion des risques et la supervision humaine. Ces règles concernent toute la chaîne des opérateurs, depuis les développeurs d’un système d’IA jusqu’aux « déployeurs » de ces systèmes, en l’occurrence les professionnels de santé. »
Il en ressort que le médecin aura l’obligation absolue d’informer son patient sur l’utilisation de l’IA dans la démarche médicale le concernant. Ne pas le faire serait une faute potentielle. Cette information doit être tracée. « Quand les performances diagnostiques et/ou thérapeutiques liées à l’IA accroissent significativement l’efficience de la prise en charge, à plus forte raison si elle est recommandée par les agences de santé ou les sociétés savantes, en priver le patient pourrait constituer une perte de chance. » Cependant, « l’utilisation de l’IA ne met pas le médecin dans l’obligation d’en suivre les préconisations, mais il doit informer le patient des raisons de son choix » (Académie de Médecine). Inversement, l’excès de confiance dans l’IA peut apporter un risque disproportionné au bénéfice attendu.
Si l’on suit ces règles, on voit que non seulement « l’entité IA » devra être présente dans le cabinet médical et son absence ou ne pas la consulter pourrait être considérée comme une faute, mais que « l’entité IA » va devenir le supérieur hiérarchique du médecin puisque celui-ci devra expliquer au patient pourquoi il ne suit pas ses préconisations. On voit aussi que comme tout supérieur hiérarchique « l’entité IA », si elle commet une erreur, celle-ci sera attribuée à son subordonné, le médecin, pour avoir malencontreusement suivi ses instructions. L’humanisation de l’IA est en bonne voie.
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