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« Dans une décision datée de jeudi 27 novembre, le Conseil d'État a confirmé le caractère fautif d'une transfusion sanguine réalisée en 2016 sur une patiente, membre des Témoins de Jéhovah, qui s'y était opposée et a condamné le CHU à l'indemniser au titre du préjudice moral subi. ». (4000 € pour le CHU de Bordeaux). « En l’état du droit, les médecins nous semblent donc commettre une faute, fût-ce par humanité ou par conviction personnelle, lorsqu’ils passent outre le refus exprimé, de façon libre et éclairé par le patient à un acte médical que son état de santé nécessite", a soulevé le rapporteur public, dans ses conclusions.
Pour les médecins le dilemme était simple : respecter les impératifs de la religion de cette patiente et la laisser mourir d’hémorragie (les réserves de sang autologue étant épuisées) ou sauver sa vie en la transfusant avec du sang prélevé chez les autres. Les médecins ont été condamnés pour avoir sauvé la vie de cette croyante qui espère vivre éternellement dans le royaume de Dieu, mais ils auraient été encore plus sévèrement condamnés s’ils l’avaient laissé mourir.
La justice française a, dans ce cas, fait passer les lois présumées de Dieu auxquelles cette personne croit avant les lois de la République qui imposent de porter assistance à toute personne en danger et ne pas le faire pour un médecin aurait été en outre une lourde faute professionnelle.
Fâcheux précédent.
Illustration ; Van Gogh "Le bon samaritain selon Delacroix"