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543. Lois supposées divines et lois certaines de la République

« Dans une décision datée de jeudi 27 novembre, le Conseil d'État a confirmé le caractère fautif d'une transfusion sanguine réalisée en 2016 sur une patiente, membre des Témoins de Jéhovah, qui s'y était opposée et a condamné le CHU à l'indemniser au titre du préjudice moral subi. ». (4000 € pour le CHU de Bordeaux). « En l’état du droit, les médecins nous semblent donc commettre une faute, fût-ce par humanité ou par conviction personnelle, lorsqu’ils passent outre le refus exprimé, de façon libre et éclairé par le patient à un acte médical que son état de santé nécessite", a soulevé le rapporteur public, dans ses conclusions.

Pour les médecins le dilemme était simple : respecter les impératifs de la religion de cette patiente et la laisser mourir d’hémorragie (les réserves de sang autologue étant épuisées) ou sauver sa vie en la transfusant avec du sang prélevé chez les autres. Les médecins ont été condamnés pour avoir sauvé la vie de cette croyante qui espère vivre éternellement dans le royaume de Dieu, mais ils auraient été encore plus sévèrement condamnés s’ils l’avaient laissé mourir.

La justice française a, dans ce cas, fait passer les lois présumées de Dieu auxquelles cette personne croit avant les lois de la République qui imposent de porter assistance à toute personne en danger et ne pas le faire pour un médecin aurait été en outre une lourde faute professionnelle.

Fâcheux précédent.

Illustration ; Van Gogh "Le bon samaritain selon Delacroix"

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B
Tu la sauves en la transfusant, la justice te condamne.<br /> Tu la laisses mourir en ne la transfusant pas, la justice te condamne.<br /> J’ai bon?<br /> Question subsidiaire. Comment vous soigne les médecins témoins de Jehova?
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D
En face de ces illuminés le médecin a toujours tort. Je n'ai jamais été confronté à des médecins témoins de Jéhovah.
P
4000 euros! C'est plus que ce que la sécu lui a remboursé pour ses frais d'hôpital.
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D
C'est en effet beaucoup pour payer une atteinte à des croyances farfelues.<br /> NB Je n'ai pas pu commenter aujourd'hui sur votre blog. On me demande un mot de passe.
S
Il y a longtemps, j'avais signé un accord pour un don d'organes post-mortem, je ne retrouve plus la pièce que j'ai dû laissée dans la boite à gants de mon RAV4 vendu. Savez-vous quel organisme collecte et conserve ces pièces ?
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D
Je l'ignore.
C
Si elle était logique avec elle-même et avec sa croyance, cette dame aurait dû se laisser mourir en se vidant de tout le sang impur qu'on lui a injecté. Elle ne l'a pas fait. Etait-ce vraiment son choix de se laisser mourir ?<br /> Un individu veut se suicider. C'est son choix, il faudrait le respecter. Mais si on le sauve, il y a 9 chances sur 10 qu'il ne recommence pas. À posteriori, c'était vraiment son choix de mourir ? <br /> Je dirais donc : que les pompiers, les médecins, les amis sauvent les désespérés et les accidentés malgré le refus de ces derniers. S'ils veulent vraiment mourir ils recommenceront.
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D
C'est la conclusion que l'on peut tirer de vos commentaires. Mais attention, cela nous conduit au constat que chacun est maître de sa fin de vie.
B
"D'accord, elle voulait mourir et les médecins ont eu le tort de s'y opposer."<br /> Ce n'est pas tout à fait ce que j'ai dit. Pas du tout, même...<br /> Je voulais simplement revenir sur votre hypothèse de l'attente d'un miracle divin pour bonne conformité aux dogmes<br /> Je n'ai guère de connaissance en éthique médicale, il se trouve que je pense en avoir un peu plus en matière de religion et de religions.
D
D'où on peut conclure que la discrimination est de l'ordre du divin.
C
Oui, effet, car, après tout, pour les croyants il y aura de toute façon une fin du monde, provoquée par Dieu... ou par les hommes, peu importe.<br /> Si c'est provoqué par les hommes, le principe "Tuez les tous, Dieu reconnaitra les siens" met les croyants à l'abri de toute surprise.
D
On peut, en effet, avoir peur de ceux qui souhaitent la fin du monde et l''Humanité a, de plus en plus, de quoi réaliser ce souhait.
C
Si on se base sur l'iconographie du paradis des Témoins de Jéhovah , tous les membres de cette secte devraient être pressés de mourir.<br /> <br /> https://fr.pinterest.com/marychenet/paradis-promis-par-jehovah/<br /> <br /> <br /> PS : Moi, personnellement, ça me fait peur, mais bon...
D
D'accord, elle voulait mourir et les médecins ont eu le tort de s'y opposer.
B
"Mais cette femme ne voulait pas mourir et pensait sans doute que son Dieu ne la laisserait pas mourir puisqu'elle suivait ses prétendus impératifs."<br /> Ah bon, ça remet en cause ce que je croyais savoir des croyances des Témoins de Jéhovah concernant la "toute volonté divine" sur la vie et la mort, une sorte de fatalisme implacable (que je ne partage pas et que je ne glorifie pas, mais que je pensais être un des fondements de leur croyances et de leur foi,ont acte)
D
Mais cette femme ne voulait pas mourir et pensait sans doute que son Dieu ne la laisserait pas mourir puisqu'elle suivait ses prétendus impératifs.
L
Et puis d'un autre côté on va combattre l'église !<br /> On marche vraiment sur la tête dans ce pays !
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D
Les croyances étant individuelles, elles sont toutes mises sur le même plan.
B
Je ne suis pas sûr, mais il me semble qu'un patient majeur a le droit de refuser les soins qui lui sont proposés. <br /> Un refus clairement exprimé, notifié et signé par le patient et joint à son dossier médical.<br /> Le médecin a le devoir de soigner, le devoir de tenter de convaincre une personne réticente, a t-i le devoir ou le droit d'aller contre sa volonté ?<br /> <br /> J'ignore tout des circonstances de cette affaire de Bordeaux concernant un Témoin de Jéhovah, elle pourrait tout aussi bien concerner un musulman. Ou tout autre personne que le motif soit religieux ou personnel et idéologique ou moral.
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D
Vous avez de la chance de ne pas savoir comment vous finirez. Moi, je sais.
B
Excusez moi de poser des questions que tout le monde se pose et je vous sait gré de m'avoir répondu malgré mon ignorance de la vérité sur la finitude
D
Vous posez des questions que tout le monde se pose. Chacun peut avoir sa réponse mais personne ne peut répondre pour les autres. Je crois pour ma part que les religions, notamment les monothéismes, sont les fictions les plus redoutables que l''Homme ait inventées pour échapper à sa finitude.
B
Vous êtes médecin, pas moi, mais que savez vous des motivations profondes de cette femme et de ses convictions si vous voulez bien les appeler comme ça (ou âneries si vous préférez ?)<br /> Un médecin peut-il décider de ce qui est une ânerie ou une volonté, une conviction, voire un souhait, un désir ? Peut-il alors décider éventuellement qu'un acharnement thérapeutique s'impose contre le choix des intéressés ? A l'inverse peut-il imposer ou refuser une "aide à mourir" (ou "euthanasie" ou "suicide assisté") ? (etc...etc...)<br /> En d'autres termes un patient est-il maitre de ses décisions tant que son incapacité de jugement n'a pas été démontrée objectivement même si elle semble biaisée par une croyance, ou un médecin a t-il un droit absolu de vie et de non-mort sur son patient en application de son Serment et/ou de ses convictions propres etc , etc..<br /> <br /> Faut-il alors revenir sur les demandes d'euthanasie, ou aides à mourir ou "suicides assistés" qui semblent pourtant avoir le vent en poupe et même encouragés pour des raisons pas toujours louables ... à moins de considérer l'aspect parfois religieux du problème comme une incapacité de jugement<br /> <br /> Tout ceci n'est pas un jugement mais une interrogation à laquelle j'avoue ne pas avoir de réponse franche et définitive. Heureux les sachants
D
Toute personne a le droit ds refuser un soin en signant une décharge. Il s'agissait d'une femme de 37 ans, pouvait-on la laisser mourir alors que sa volonté n'était pas de mourir mais d'obéir à de telles âneries ? Oui, les croyances poussent aux extrémités.