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Jubilation

En regardant à la mi-journée, entre deux salves publicitaires, les informations sur une chaîne d’information continue, j’ai rarement vu des journalistes aussi joyeux, aussi excités par la perspective de voir le gouvernement Bayrou sauter après la confiance qu’il doit solliciter aujourd’hui de la part de l’Assemblée des députés et qu’il a toutes les chances de ne pas obtenir. J’ai assisté à une véritable jubilation de certains journalistes qui, en se gargarisant du mot « historique », se réjouissaient de pouvoir commenter une journée où l’on risque de passer d’une crise politique à une crise de régime. Un meneur de plateau s’est même permis une diatribe ironique sur la personnalité de Bayrou et sur sa carrière politique ponctuée d’échecs. Il est évident que certains journalistes se complaisent à nager voluptueusement dans la merde et plus elle est épaisse plus ils sont beats. Il est vrai que le journalisme qui marche, c’est soit celui qui commente le drame, en se retenant de sourire de pouvoir rapporter un fait attractif, soit celui qui dévoile, en se délectant, les aventures des fesses de gens connus.

Illustration : Yue Minjun

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B
Ces changements de gouvernements, potins, drames, polémiques, scandales sont la matière première du journaliste.<br /> On est content pour eux.
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B
C'est bien observé.
D
Ils ont du grain à moudre.
C
C'est une tendance lourde de nos démocraties : Le journaliste sait mieux que le politique ce qu'il faudrait faire pour régler les problèmes. D' ailleurs, il est exigé des journalistes qu'ils corrigent un politique qui dit une ''bêtise''. <br /> Un exemple entre mille : Léa Salamé interviewant Hollande s' exclame ''Vous êtes sérieux, là ...???''.
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D
Sur les chaînes d'information continue, il y a plus de commentaires que d'informations et on est très proche des conversations du café du Commerce.
S
Il leur faut des scoops. <br /> Plus c'est gros, plus ça racole, et rapporte de pubs sonnantes et trébuchantes. Le journalisme est une entreprise commerciale avec l'oeil sur les sondages d'opinion. Le lecteur et le publicitaire doivent en avoir pour leur argent.
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D
A-t-on besoin d'un observatoire ? En France on observe plus que l'on agit.
S
Voir ojim.fr (Observatoire du journalisme), devise : "informer sur ceux qui vous informent". <br /> Biographies de journalistes, critiques, coulisses de polémiques, publications.
D
C'est un commerce sur des choses souvent sérieuses et qui touchent tout le monde.
L
Vous avez tut à fait raison, la France risque de faire triste figure avec ces guignols de la soi disant info !
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D
Mais ce n'est pas spécifique à la France et c'est parfois pire ailleurs.
B
Il y a longtemps que couve cette "crise de régime". Je dirais quelque chose comme 7 ou 8 ans.<br /> Ceci dit, si cette chaîne d'information continue ne dépend pas du "service" "public" elle n'est astreinte à aucun devoir de neutralité en restant dans certaines limites du respect d'autrui. Ce dont les médias du "service "public" (radio ou télé... ah... "France-Inter" !) s'affranchissent joyeusement malgré de nombreux signalements. S'affranchissant ainsi de son devoir d'objectivité.<br /> Mais personne n'est parfait
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D
Il y a des pays où le centre doit exister, mais en pratique, il penche tantôt à gauche, tantôt à droite, et il s'exprime en fait sous forme de coalitions qui gouvernent avec un programme préétabli.
B
Si c'était vrai il a longtemps que ça se saurait et que ce serait mis en œuvre. Tous les états démocratiques n'ont pas attendu Macron pour y réfléchir
D
Je n'ai pas dit que Macron n'est pour rien dans cette crise. En théorie, son idée n'était pas si mauvaise : pourquoi ne pas prendre ce qui est bon à droite et à gauche ? Mais en pratique, c'est difficile à réaliser, en tout cas par lui, ses décisions n'ont pas été complémentaires mais contradictoires et instables.
B
Le moins qu'on puisse dire c'est qu'il a tout fait pour envenimer les choses et semer cette confusion que tout se vaut ( son fameux et fumeux "en même temps...") Hâter plutôt qu'entériner<br /> <br /> https://www.franceinfo.fr/politique/emmanuel-macron/pourquoi-emmanuel-macron-est-a-la-fois-de-droite-et-de-gauche_1395865.html<br /> ("Le ministre de l'Économie a présenté son parti, En marche !, comme un mouvement transpartisan, "ni de droite, ni de gauche". En fait, il emprunte aux deux camps." )<br /> <br /> Je n'insiste pas, Macron n'est pour rien dans cette crise, c'est moi qui vois le mal partout..
D
Je pense que Macron n'a fait qu'entériner la fin du bipartisme avec lequel la Constitution de la Ve marchait bien (près de 70 ans, tout de même) dans un pays incapable de constituer des coalitions.