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« À l'avenir, chacun aura droit à 15 minutes de célébrité mondiale » avait dit Andy Warhol dans les années 60 du siècle dernier. La question est : comment y parvenir ? Les vecteurs aujourd’hui ne manquent pas, c’est le contenu à transmettre qui doit être soigneusement choisi pour que « ça prenne ».
Un certain Zucman vient de nous montrer que, sans être bien brillant, il suffit d’inventer un impôt nouveau pour que l’on parle de vous. Soulignons qu’inventer un impôt est à la portée de n’importe qui, même d’un débile mental et que votre nom est toujours associé à une taxe nouvelle. C’est donc une façon aisée de passer à la postérité même quand votre trouvaille n’est pas appliquée car on ne manque pas d’en discuter longuement, autant en fonction de sa position idéologique qu’en fonction de sa pertinence. Un autre avantage dans ce cas précis est que Zucman passe aussi pour un bienfaiteur, à l'égal de Robin des bois, car proposer un impôt touchant uniquement les riches est approuvé par tous ceux qui ne le sont pas, c’est à dire la majorité des Français dont un des traits dominants est la jalousie. Le Français a tendance à envier ce que son voisin possède et qu’il ne possède pas, qu’il s’agisse d’une maison, d’une voiture ou d’une femme pour un homme ou d’un homme pour une femme, une simplification, je sais, critiquable mais qui m’évite d’entrer dans la configuration inextricable des genres.
La devise de la France ne comporte-telle pas le mot « égalité » ? Le Français oublie volontiers qu’une égalité en droit n’est pas un droit à avoir la même chose que les autres, mais prendre un peu de ce que les autres ont, quelle qu’en soit la façon, n’est pas pour lui déplaire.
Illustration : Van Gogh : « La loterie nationale »