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Je me permets de rapporter ici la chronique de Sophia Aram publiée dans Le Point le 10/09/25 :
« L’histoire commence comme une blague : deux députés LFI, Aymeric Caron et Rima Hassan, s’accusent mutuellement de ne pas être assez antisionistes…
A priori, le crêpage de keffieh entre Rima Hassan et Aymeric Caron n'aurait dû susciter chez moi qu'un intérêt aussi mesuré que l'estime que je porte à ces deux députés exploitant la douleur des Gazaouis pour occuper leurs mandats et terroriser tout contradicteur. Il n'y avait rien d'étonnant non plus à ce que deux des éléments parmi les plus agressifs de la meute Insoumise (qui en compte un certain nombre) finissent par s'entre-déchirer. Mais voilà, quand on est face à une injustice, il faut prendre ses responsabilités, la mienne est de soutenir Aymeric Caron sans détour.
Et quelle injustice ! Il est vraiment trop injuste de reprocher à Caron de réduire la « question palestinienne à Netanyahou » et d'occulter le « vrai sujet » de la « colonisation israélienne » qui, selon Rima Hassan, le Hamas et la plupart des mollahs, commencerait à la création d'Israël en 1948. Comme si Abou Aymeric n'était pas assez « antisioniste »… Lui qui se donne un mal de djihadiste à vomir sa haine d'Israël sur les réseaux sociaux avec la frénésie d'un adolescent submergé par la détestation d'un Occident coupable de l'avoir trop bien nourri. J'ai beau chercher, je ne vois pas comment Caron pourrait faire plus pour la propagation de la haine d'Israël à moins d'enfiler un bandeau du Hamas et de parader dans les rues de Versailles avec une kalachnikov et un treillis ajusté.
Le deuxième angle d'attaque décliné par Rima Hassan (dans une interview plus longue que le film Titanic) tient en une formule : La Palestine, c'est moi ! Et force est de reconnaître que, pour se différencier de Caron et lui retirer toute légitimité sur le sujet, Lady Gaza ne laisse rien au hasard. Il y a d'abord sa pratique de l'islam, « refuge dans les moments difficiles », et sa considération pour « l'éthique du halal » et l'abattage rituel, présenté comme un « respect de l'animal sacrifié à l'abri du regard des autres ». Une sorte de droit à être abattu dans la douleur, et donc sans étourdissement. Un commentaire, Aymeric ?
Mais il y a surtout ses « origines palestiniennes », qu'elle « a le droit de convoquer » à longueur d'interviews malgré le fait qu'elle soit née en Syrie d'un père né en Syrie et d'une mère… née en Syrie. Ce qui semble lui suffire pour justifier ses obsessions et pour délégitimer tout mâle blanc de plus de 50 ans qui aurait des velléités de venir la concurrencer dans son entreprise d'import-export du conflit israélo-palestinien. Peu importe la taille du fil qui la relie à Gaza – que ni elle ni ses parents n'ont connu –, puisque le sang qui coule dans ses veines est palestinien. Voilà ce qui la différencie d'Abou Aymeric al-Versailly. Car, voyez-vous, pour Hassan, c'est bien le droit du sang qui légitime sa parole et disqualifie celle de Caron. L'ethno-militantisme de Rima Hassan est bel et bien un totalitarisme, qui n'a rien à envier à la doctrine d'identitaires d'extrême droite comme Alain de Benoist.
Un totalitarisme ethnoreligieux légitimant le recours au terrorisme, faisant la promotion des Frères musulmans et surtout capable de soutenir sans ciller que « le Hamas a raison d'affirmer qu'Israël n'a pas vocation à exister ». Une idéologie totalitaire ne reconnaissant aucune légitimité à la présence juive au Moyen-Orient ni aujourd'hui ni jamais, quitte à affirmer que « Jésus était palestinien ! ». Ce qui serait comique s'il ne s'agissait pas de moderniser jusqu'à l'absurde le trope antisémite du « peuple déicide » qui, ayant déjà fait ses preuves dans la justification de l'éradication des Juifs, devrait pouvoir reprendre du service pour éradiquer Israël. »