Situationnisme
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Je ne parle pas du mouvement créé dans les années 1950, en particulier par Guy Debord, critiquant la société de consommation et du spectacle produite par le capitalisme et qui a conduit à n’importe quoi en matière artistique. Je n’en parle pas car j’en serais incapable. Non, je veux parler de langage et de mon irritation provoquée par l’utilisation intempestive et hypocrite du terme « situation ». Un handicapé n’est pas un handicapé mais en situation d’handicap, un obèse n’est pas un obèse mais en situation d’obésité, il est vrai que contrairement à l’handicapé, l’obèse peut cesser l’être.
Ce terme est utilisé dans les circonstances où l’on n’ose pas dire la vérité de peur d’être accusé de discrimination ou pour ne pas heurter une personne que l’on considère systématiquement comme fragile, ce qui est une forme de mépris.
Ce « situationnisme » est le fait d’une société où les citoyens demandent de plus en plus à être protégés, pris en charge, voire maternés. Si ces précautions oratoires n’ont pas d’importance en elles-mêmes et peuvent se comprendre, elles sont aussi l’indice d’une fragilisation de l’individu des sociétés occidentales, et ce que l’on constate en réaction est plutôt inquiétant : apologie de la virilité, du masculinisme, du néonazisme, et pour certains, sympathie pour l’islamisme.