8 Juin 2025
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Tamila Karpuhina : "Nature morte au crabe"
Le mollusque n’a pas de vertèbres et parfois pas de coquille, ce qui lui permet de glisser, de ramper, de s’infiltrer, d’épouser son environnement, de s’adapter en changeant de forme et parfois de couleur pour être insaisissable. Les caractéristiques du mollusque sont intéressantes pour un politique s’il veut durer, surtout s’il est pourvu de relations tentaculaires. Trois exemples me viennent à l’esprit, mais il en existe bien d’autres.
Notre président Emmanuel Macron glisse de droite à gauche dans l’hexagone, change d’avis, dit une chose et fait son contraire si bien que l’on ne sait pas trop où il va et lui non plus. Il commente des actions inexistantes quand celles-ci ne sont pas l’inverse de ce qu’il avait annoncé. Il est insaisissable, mais bien qu’il soit mou, il dure.
Notre Premier ministre actuel, François Bayrou, a les facultés nécessaires d’un mollusque pour être encore à son poste. Il glisse entre les obstacles, les contourne, change de forme en fonction de ses appuis, il semble avancer en restant sur place, car un mollusque peut donner l’impression d’avancer en se contorsionnant tout en restant immobile.
Olivier Faure, renouvelé récemment à son poste à la tête (est-ce bien le mot ?) du parti socialiste est un mollusque exemplaire. Il colle à Mélenchon jusqu’à en baver. Il s’accroche, on lui tape dessus et il s’aplatit pour durer.
Le mollusque est rarement dangereux, il va au gré du vent (« une ambition de feuille morte »), mais il est dépassé par les évènements qui vont plus vite que lui, surtout s’il s’enferme dans sa coquille, sans pouvoir s’opposer à un vertébré dur et mal intentionné qui n’en fera qu’une bouchée.