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6 millions de Français n’auraient pas de médecin traitant. Je me suis toujours demandé pourquoi on ne proposait pas aux médecins, généralistes et spécialistes, de consacrer un ou deux jours par mois à consulter dans des lieux pas trop éloignés de leur domicile mais où les médecins sont rares. Je n’aurais pas refusé de le faire si cette mission m’avait été confiée à l’époque où j’exerçais. Une mission qui ressemble un peu aux remplacements que la plupart des jeunes médecins ont expérimentés.
Et bien pour une fois, j’approuve la mesure que François Bayrou compte proposer plutôt qu’une régulation de l’installation qui, telle qu’elle est envisagée, serait inefficace pour médicaliser les zones qui manquent des médecins.
Cette mesure compte « instaurer un principe "de responsabilité et de solidarité territoriale" de tous les médecins. Généralistes comme spécialistes, jeunes et moins jeunes, ils devront se relayer pour répondre aux besoins dans les zones particulièrement sous-denses en y exerçant "jusqu’à deux jours par mois". Ces "consultations avancées" auront un "caractère d’obligation", confirme une source gouvernementale. Elles feront l’objet d’une "compensation financière" pour les médecins qui participeront ; à l’inverse, ceux qui ne joueraient pas le jeu pourraient être pénalisés ».
J’ignore comment sera reçue cette proposition par le corps médical, j’espère qu’il en verra la nécessité. J’ignore comment la chose sera éventuellement organisée, et là j’ai des craintes. En mettant de côté l’organisation administrative dont les Français détiennent le secret de la complexité, voyons simplement le côté médical. Une consultation par mois dans un lieu où il n’y en avait aucune, c’est déjà mieux, mais imaginons la salle d’attente. Si au cours du mois plusieurs médecins se succèdent en un même lieu, ce qui serait plus efficace, on risque d’avoir la confrontation des diagnostics et des traitements entre confrères ce qui peut déboussoler les patients et faire perdre leur confiance. Rien n’est simple, mais tout est possible quand on est de bonne volonté.