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« Depuis le début du mois de février, une trentaine de soignants de l'hôpital de Nevers (Nièvre) se sont mis en arrêt maladie pour dénoncer leurs conditions de travail, jugées déplorables. Face à cette situation de crise, la réserve sanitaire a été mobilisée ».
Ce personnel hospitalier qui arrête de travailler a probablement des raisons de le faire, mais on peut remarquer que cette trentaine de soignants « se sont mis en arrêt maladie ». Cela veut dire qu’ils se sont eux-mêmes considérés comme atteint d’une maladie les rendant incapables de travailler. Dans cette formulation le médecin, tout de même nécessaire à l’opération, est effacé. J’ignore si l’état de santé réel des soignants justifiait cet arrêt multiple, mais on peut aussi penser que c’est une façon commode et rémunérée de faire grève.
« Se mettre en arrêt maladie » est la formulation courante, elle ne semble choquer personne pas plus les journalistes que l’Assurance maladie. Dans de telles circonstances, le médecin qui permet la chose sort peut-être de son rôle de soignant pour adopter celui d’acteur social ou même politique. N’ayant pas exercé en tant que médecin généraliste, je n’ai pas été confronté à ce dilemme, mais j’avoue que j’aurais été bien embarrassé devant cette question à la fois personnelle, sociale et économique. Notons cependant que si « être en arrêt maladie » est plus neutre et plus exact, « se mettre en arrêt maladie » exprime une volonté protestataire avec la complicité du médecin.