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Récemment, un médecin a été convoqué par le conseil de l’ordre pour une accusation de racisme. Il avait refusé – à juste titre – de faire une ordonnance de médicaments antidiabétiques demandée par la fille d’un malade résident au Maroc et qu’il n’avait jamais examiné. Devant cette demande tout de même culottée, il a eu le tort de faire une réflexion sur les exigences des Maghrébins.
Indépendamment de l’Aide médicale d’Etat, dispositif assurant des soins gratuits aux immigrés clandestins sous condition de ressource, et remise périodiquement en question pour le contenu du « panier » de soins gratuits et même pour son existence, la France est particulièrement généreuse sur le plan médical, à croire que le pays entier a prêté le serment d’Hippocrate. « Tout étranger non-européen peut ainsi en principe venir se faire soigner gratuitement en France, à condition de remplir les conditions cumulatives suivantes : résider habituellement en France, avoir besoin d’une prise en charge médicale « sans laquelle sa santé deviendrait critique », ne pas pouvoir bénéficier d’un traitement équivalent à celui prodigué en France dans son pays d’origine et ne pas représenter un danger pour l’ordre public ». Ce qu’il y a de paradoxal est que la France délivre des visas médicaux pour des personnes qui devraient théoriquement « résider habituellement en France ». Aujourd’hui les demandes sont étudiées par les médecins de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII) qui émet un avis, la décision finale revenant au préfet. Reste à établir « le point de santé critique » et bien connaître les possibilités médicales du pays d’origine. Remarquons que ce qui risque de manquer dans ce dernier ce sont des investigations sophistiquées ou des interventions lourdes, c’est-à-dire très onéreuses. L’OFII évoque ainsi le cas d’étrangers malades dont les soins coûtent plus de 600 000 euros par an à la collectivité. La générosité a un prix mais personne ne sait précisément lequel.
Il est évident qu’un étranger a tout intérêt à tenter de se faire soigner en France où il ne débourse rien alors qu’il paie les soins dans son pays comme le font les Français de façon directe ou indirecte. « Selon le dernier rapport de l’OFII sur l’immigration médicale, remis au Parlement le 20 décembre dernier, un peu plus de 24 000 demandes de visas médicaux ont été déposées en 2022, soit une baisse de 12,7 % par rapport à 2021. Depuis 2017 et la mise en place du contrôle par l’OFII, le nombre de demandes s’est effondré, diminuant de 58,6 % en cinq ans ». Les avis favorables tournent autour de 55% (ils étaient de 75% lorsque les contrôles étaient effectués auparavant par les Agences Régionales de Santé).
Cependant le refus d’accorder un visa médical par le préfet peut être attaqué en justice et les juges se montrent parfois particulièrement cléments. C’est ainsi qu’une femme africaine, déjà mère de trois ans enfants, a finalement pu bénéficier, grâce au juge administratif, d’un visa médical pour bénéficier en France…d’une procréation médicalement assistée (PMA). Rideau.
« Les immigrés médicaux sont généralement atteints de pathologies infectieuses (27 % des demandeurs), de maladies de l’appareil circulatoire (21 %) ou d’affections endocriniennes (18 %). Les Algériens sont le principal contingent des immigrés médicaux, comptant à eux seuls pour 8,7 % des recours (2 100 demandes), suivis par les Ivoiriens (7,1 %, 1 700 demandes) et les Géorgiens (6,4 %, 1 500 demandes) ». Notons qu’en 2022, onze Américains, onze Britanniques et cinq canadiens ont déposé des demandes de visas médicaux pour la France. Modestement, on peut penser que pour ces derniers, ils ont plus été attirés par la gratuité que pas nos performances médicales.
Ajoutons que les dirigeants algériens, s’ils passent beaucoup de temps à cracher sur la France, apprécient nos soins médicaux pour eux et leur famille. L’ardoise que devrait régler Alger aux hôpitaux parisiens avoisinerait les 45 millions d’euros…
Source principale : Quantin Haroche (Journal International de Médecine)