Donald Trump est plutôt fier d’avoir permis pendant son premier mandat, par l’intermédiaire de la Cour Suprême, le droit à chaque Etat de légiférer sur l’interruption volontaire de grossesse. C’est ainsi que 13 Etats américains ont complètement interdit l’IVG, tandis que quatre autres l’ont fortement restreint. Espérons que pendant son second mandat les Républicains, majoritaires dans les instances, n’imposent pas une interdiction au niveau fédéral car les résultats sont probants : l’interdiction de l’IVG a déjà entrainé une hausse de la mortalité infantile (de 7 % dans l’ensemble des Etats-Unis dans l’année qui a suivi l’arrêt Dobbs) et une hausse de la mortalité maternelle (+ 56 % depuis 2019 dans les Etats qui ont interdit l’IVG contre + 11 % dans le reste du pays). On est pro-vie ou on ne l’est pas.
L’Etat du Texas peut se glorifier d’être le plus restrictif en matière d’IVG : « l’avortement y est interdit même en cas de viol, d’inceste ou de maladies congénitales graves et n’est autorisé qu’en cas de danger pour la vie de la mère. Pratiquer un avortement est passible de 99 ans de prison et certaines villes ont même interdit aux femmes enceintes de quitter l’Etat. » Si bien que l’on assiste au Texas à une augmentation des abandons d’enfants dont un seul a pu être sauvé sur les 30 derniers mois, parallèlement à une hausse de la natalité chez les adolescentes. Ajoutons que l’accès aux soins laissent beaucoup à désirer au Texas.
Il est regrettable que les femmes du Texas abandonnent leurs bébés n’importe où : 18 bébés abandonnés cette année ont été retrouvés dans des endroits peu hospitaliers comme des poubelles ou des décharges, alors qu’il existe comme dans tous les Etats américains, des boites à bébés (« safe heaven baby boxes »), généralement installées près des casernes de pompiers ou des hôpitaux.