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Salvador Dali « Persistance de la mémoire »
LE JOUR DE L'AN
Le premier jour de l’année nouvelle l’homme se regarde dans le miroir. Qu’espère-t-il y voir ? Objet glacial impudique et rebelle, le miroir efface l’illusoire.
Encore une année de gagnée se dit l’homme pour se consoler. Encore une année de perdue se dit l’homme amer.
Gagnée ou perdue ? La vie est un jeu à qui gagne perd
Et le temps s’écoule sur les montres molles de Dali et l’on se noie dans sa houle et l’homme se dit : pourquoi lutter à contre-courant ? De toute façon on coule emporté par le temps.
Alors l’homme tire la langue au miroir. Qu’importe ce qu’il avait été, Il chasse son fantôme de la mémoire et sans hésiter prend son rasoir, sourit à ses restes
et commence à se raser, en savourant les petits gestes, les petits gestes coutumiers, les petits gestes modestes...
De la vie.
LE SYNDROME DU TITANIC
J'ai regardé à la TV la fête de fin d'année sur les Champs Elysées. Une foule immense qui se tenait chaud en se serrant les uns contre les autres, faces réjouies et corps en transes au son d'une musique joyeuse. Superbe feu d'artifice éclairant l'Arc de Triomphe. Pourquoi les gens sont-ils si joyeux de vieillir d'un an ? Certes, on peut toujours se réjouir d'avoir passé l'année et d'être toujours en vie. Pourquoi se donner l'illusion que l'année suivante sera meilleure que l'année écoulée ? L'espoir a la beauté du factice.
Je peux toujours grogner, cette fête était réussie comme ont été réussis les Jeux Olympiques et la renaissance de Notre-Dame. La France surendettée sait faire des fêtes, mais c'est un pays qui coule au milieu des festivités et des commémorations et qui ne réussit plus grand chose d'autre, alors que nombre de Français se distinguent à l'étranger.