D’après Kevin Dutton, psychologue et chercheur au Faraday Institute for Science and Religion (qui, entre nous, est un mariage contre nature), un psychopathe serait « un être humain égocentrique, impulsif, mais aussi sûr de lui, charmeur et manipulateur avec une absence d’empathie et du sentiment de peur ».[1]
La définition est assez large pour inclure une bonne partie de la population et ce chercheur a pu établir la liste des 10 professions où l’on compte le plus de psychopathes et celle des 10 métiers où on en compte le moins.
Soyez rassurés avec les aides à domicile, les infirmières, les thérapeutes, les artisans les esthéticiennes, les employés dans une ONG, les enseignants, les médecins (ouf !) et les comptables. D’après le Pr Dutton, ces métiers impliqueraient des sentiments dans le contact humain et c’est dans ceux-ci que l’on trouverait le moins de psychopathes. J’ai un doute pour les comptables qui devraient, en principe, laisser leurs sentiments de côté dans leur contact avec des colonnes de chiffres dont l’humanité laisse à désirer, mais il est vrai qu’il est déconseillé dans leur profession d’être impulsifs et la peur de se tromper doit les tenailler.
Méfiez-vous des chefs d’entreprise, des avocats, des figures médiatiques (TV, radio), des vendeurs, des chirurgiens, des journalistes, des policiers, du clergé, des chefs de cuisine et des fonctionnaires. C’est parmi eux que l’on trouve le plus de psychopathes dont un des caractères est un goût prononcé pour le pouvoir.
On voit bien que pour réussir, un chef d’entreprise devrait avoir toutes les caractéristiques d’un psychopathe selon la définition précédente. On pourrait en dire autant des figures médiatiques et des journalistes. Si l’avocat et le vendeur sont charmeurs et manipulateurs, leur manque d’empathie est peut-être discutable, à moins que leur métier leur impose de la simuler sans la ressentir. Si un chirurgien n’est pas forcément sûr de lui, il doit en donner l’impression à son patient…par empathie, mais il est certain qu’il doit prendre des décisions sans se laisser dominer par ses émotions. Ce qui n’est pas rassurant est que les policiers et les chefs de cuisine sont armés. J’avoue que le corps des fonctionnaires pris dans son ensemble me laisse perplexe, mais je n’ai guère de doute pour les hauts fonctionnaires, on ne monte pas haut sans se hisser sur les épaules des autres, au besoin en les écrasant un peu, et je suppose que les politiques ont été inclus dans ce groupe, mais ce n’est pas spécifié alors que le goût du pouvoir, l’égocentrisme, la confiance en soi et la manipulation sont pourtant des caractères que l’on retrouve chez la plupart des politiciens. Le Pr Dutton qui travaille dans un institut qui s’occupe de religion considère le clergé comme une profession à psychopathes. Si les cléricaux sont sûrs de posséder la vérité, et s’ils sont de grands manipulateurs devant l’Eternel pour l’imposer aux autres en utilisant charme, hypocrisie, et menace du châtiment, il semblerait qu’ils n’aient pas les traits qu’on leur attribue volontiers : empathie, dévouement et sérénité. Voilà qui me déçoit.
N’ayant pas lu le livre et n’étant ni psychiatre, ni psychologue, il serait outrecuidant de ma part d’émettre des réserves. Je me demande cependant si la définition de la psychopathie n’est pas trop large. Un caractériel n’est pas un psychopathe, car celui-ci a une atteinte mentale avec une conduite antisociale pouvant parfois aller jusqu’au meurtre. Peut-être que dans son livre l’auteur démontre-t-il que les psychopathes authentiques se recrutent préférentiellement dans les professions qu’il considère comme prédisposées.
[1] Son livre s’intitule : « The Wisdom of Psychopaths : what saints, spies, and serial killers can teach us about success ».