Eklablog Tous les blogs Top blogs Lifestyle
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Header cover

108. La vérité si je mens

Buffet militaire clownL’IRM fonctionnelle permet de mettre en évidence les zones du cerveau impliquées dans la réalisation de tâches ou lors d’un sentiment ou d’une émotion. Si le cerveau perd ainsi un peu de son mystère, certains veulent voir dans cet outil d’investigation médicale, un instrument capable de décrypter nos pensées.

« Le 7 juillet 2011, la nouvelle loi de bioéthique a élargi l’usage des méthodes d’imagerie cérébrale à l’expertise judiciaire, en sus de leur utilisation à des fins médicales ou pour la recherche » (les décrets d’application ne sont pas encore parus).  Le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) a fait cependant remarquer que « …Ce n’est pas parce qu’une pensée évoquée par une tâche proposée au sujet est indiquée par une image que la mise en évidence de cette image indique la pensée et donc le comportement » et recommande un encadrement strict de cet usage à des fins judiciaires dans l’appréciation d’un éventuel comportement délictuel chez un individu, alors qu’il est sorti de son environnement et de son influence sur ses actes. Les signaux de l’imagerie ne donnent qu’un reflet indirect de l’activité cérébrale en renvoyant les images de modifications métaboliques liées à l’activité neuronale. Ce n’est pas une lecture de la pensée et il est hasardeux de passer de la matière, le cerveau, à l’immatériel de la pensée dont on ne sait pas, en fait, ce qu’elle est. Mais si la pensée, les désirs, les convictions, les intentions sont insaisissables, l’image est bien réelle, visible par tout le monde, et notamment par des juges et risque ainsi d’être privilégiée.

Aux USA, l’IRM est déjà utilisée par la justice dans le but d’étayer une preuve ou d’analyser le comportement d’un prévenu. Plus de 600 cas auraient été répertoriés où les résultats de l’imagerie ont été utilisés comme « preuve ». En Inde, cet usage se banalise également et avec des dérives notoires. L’IRM servira probablement de détecteur de mensonge. Espérons que les données recueillies ne seront pas un jour utilisées par les assurances ou à l’embauche.

J’ai entendu dire sur les ondes que de précédents candidats à la présidentielle américaine auraient subi une exploration par IRM lors de leur prestation et que ce sont surtout les zones impliquées dans l’émotion qui étaient mises en jeu et non pas les aires de l’intelligence. J’ignore si cette information est exacte et je suis dubitatif compte tenu de la procédure nécessaire pour réaliser cette imagerie, mais j’avoue être séduit par le principe. Imaginez un débat entre deux politiciens avec pour le public la vision de leur cerveau mis à nu et la détection en direct de leurs mensonges ! Des chercheurs de l’université de Barcelone ayant récemment découvert le moyen de rendre un objet invisible à un champ magnétique, les hommes politiques préfèreraient sans doute débattre coiffés d’un casque protecteur, aussi inesthétique soit-il, plutôt que de révéler les circonvolutions de leur cerveau.

Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
D
Bien sûr. Mais les hommes ont de plus en plus tendance à faire confiance aux machines plutôt qu'à leur jugement.
Répondre
B
Oui, vous avez raison, on aimerait bien ne pas risquer l'erreur judiciaire, qui existe, mais puisqu'on ne peut l'éviter (personne n'étant parfait), ne pourrait-on faire en sorte d'en tenir compte pour ne pas risquer de pénaliser trop lourdement un(e) innocent(e) ? Au moins donner les moyens à la Justice pour mettre en place de vraies investigations et pas cet erzatz qu'on nous sert bien souvent ? Là était le sens de ma pensée.
Répondre
D
Justement, en matière de justice, on aimerait bien l'éviter.
Répondre
B
Perso je pense qu'aucune méthode ne peut prévaloir et que l'erreur est humaine. Laissons-lui donc la possibilité d'exister.
Répondre
D
Si cela était possible, la vie serait impossible.
Répondre
C
La vraie application révolutionnaire de l'IRM à distance (on suppose que c'est de loin, puisque fait sur des candidats lors de leurs prestations) sera le modèle portatif IRM édition conjugale Premium utilisé pour savoir si son conjoint n'est pas en train de mentir quand on lui demande "tu m'aimes ?" et qu'il ( ou elle) répond "mais oui, je t'aime !" :-)
Répondre
D
Vous avez sûrement raison. Un de mes amis avait subi un vol et le mineur arrêté est venu à la fin de la journée lui tirer la langue.
Répondre
F
Aux comparutions immédiates il n'y a pas de mineurs (c'est correctionnel) et ils ne sont pas tous relâchés rapidement ça c'est de l'intox.. pour les mineurs ils passent devant le juge pour enfants..
Répondre
D
Je crois que dans la comparution immédiate les délits sont mineurs et les délinquants rapidement relâchés surtout s'ils sont mineurs (je parle des délinquants)
Répondre
F
La récente tuerie laisse semble confirmer un certain laxisme dans la chasse au terrorisme, de même les indulgences pour la délinquance en col blanc, par contre un petit tour dans les audiences de comparution immédiate donne une autre idée de la justice à deux vitesses..
Répondre
D
Malgré tout, nous n'avons pas trop à nous plaindre sous nos climats. Il est beaucoup reproché à nos gouvernements d'être laxistes en matière de sécurité.
Répondre
F
Sarko qui voulait détecter la délinquance dès l'âge de 3 ans.. et maintenant l'IRM pour tenter de trouver des preuves d'un comportement délictuel.. cela ajouté à un état qui devient de plus en plus policier.. c'est le chemin d'une dérive dont nul ne sait où elle va nous mener.. Il pourrait être marrant effectivement de déceler les mensonges de nos prétendants au trône en action.. mais bon.. arrêtons de jouer avec le feu. Bonne fin de nuit Dr WO
Répondre
D
D'autant plus que dans l'interprétation des images, les experts peuvent, comme d'habitude, se contredire.
Répondre
Z
Des méthodes qu'il ne faut pas laisser dans toutes les mains, c'est mon avis...!!! Bonne soirée Doc - ZAZA
Répondre
D
Il faut, en effet, être très prudent lorsqu'il s'agit de juger du comportement humain.
Répondre
+
Amusant de suivre un débat entre les candidats à la présidence,certes, mais je crois qu'il ne faut utiliser ce genre d'outils que pour la recherche médicale Bonne soirée Paul Nettoue
Répondre
D
Les erreurs d'une méthode peuvent cependant être corrigées par les autres. Il faudrait se baser sur un faisceau d'arguments et ne pas faire confiance à une seule méthode.
Répondre
B
Oui, c'est par là que la science inexacte nous emmène ! Les tribunaux étayent déjà leur sentence à partir d'expertises faites par des psychiatres susceptibles de son tromper, experts ou non. Gageons que plus il y aura de type d'expertises (graphologique, IRM, psychologique, psychiatrique, morphologique...), plus il y aura de risques d'erreurs. Mais le cerveau de ceux qui nous gouvernent ou qui font les lois et décrets n'est pas forcément assez mâture pour se rendre compte du danger.
Répondre
D
Je pense également exprimer ma méfiance. Il s'agit là d'une interprétation mécaniste et simpliste de la nature humaine et il n'est pas certain que l'activité cérébrale dans une situation donnée est identique pour tous les individus. Mais pour la  détection du mensonge, il est possible que l'IRM soit plus performant que les autres méthodes.
Répondre
P
Je suis extrêmement méfiant. Cela me rappelle l'engouement dont a bénéficié en son temps Franz Gall (aucun rapport, ni avec la chanteuse ni avec le tournoi des six nations) avec sa "phrénologie".
Répondre