Au Pérou dans les années 1990 sous l’impulsion de son dirigeant Alberto Fugimori, qui comptait augmenter le PIB en diminuant le nombre de naissances, la ligature des trompes a été prônée et largement utilisée. Elle était proposée aux femmes plutôt que la contraception orale, avec des arguments douteux : persuasion, menaces ou mensonges (comme : la procréation restera possible après la ligature, il est préférable de ne pas avoir d’enfant puisque la fin du monde surviendra au changement de millénaire…). Les interventions étaient pratiquées à la chaîne, sous tente, entourées de festivités. Médecins et infirmières étaient récompensés des bons résultats et licenciés dans le cas contraire[1]
Aujourd’hui, l’Ouzbékistan suit une démarche semblable. Ce pays «… semble obsédé par le nombre et les classements internationaux » d’après Steve Swerdlow, directeur de Human Rights Watch pour la région Asie centrale. L’Ouzbékistan encourage ainsi officiellement l’avortement (en pays musulman) et la stérilisation de milliers de parturientes, ce qui aura pour conséquence la baisse (par l’absurde) de la mortalité infantile, un des critères pour juger du niveau d’un pays. Le nombre de césariennes, qui permettent la stérilisation, est particulièrement élevé. Les médecins avancent des arguments plus ou moins mensongers concernant la santé de leurs patientes pour justifier leur acte car ils seraient menacés de ne plus pouvoir exercer s’ils n’atteignent pas un certain quota.
« Le gouvernement nie ces accusations et l’existence d’un tel plan et accuse les femmes qui témoignent de mensonges ».
La discordance entre la carte et le territoire est chose banale. Combien de rapports volontairement inexacts, combien de statistiques tronquées ou manipulées pour donner de la réalité une fausse image ? Dans ce dernier cas la carte est modifiée pour donner une idée le plus souvent flatteuse du territoire. Dans les deux exemples précédents la démarche est inverse : modifier de façon absurde la réalité, uniquement pour améliorer les statistiques et montrer au monde une jolie carte de visite.
Dali : « Cygnes reflétant des éléphants »