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Deux députés UMP ont « proposé un amendement, adopté lundi [le 14/11/11] lors de l’examen du budget 2012 à l’Assemblée, qui prévoit d’établir un rapport d’ici la fin de l’année sur les conditions dans lesquelles pourrait être mis en œuvre ce fonds d’indemnisation. Il serait financé par une taxe spécifique de 10% calculée sur le chiffre d'affaires réalisé en France par les fabricants de produits du tabac. Soit, en 2010, 2,1 milliards d'euros. Le fonds pourrait être saisi par toute personne invoquant un préjudice résultant de l'usage du tabac ou par les ayants droit d'une personne décédée des suites du tabac, selon l'exposé de la mesure. » |
Dans cet amendement, les personnes atteintes d’une maladie liée au tabagisme sont considérées comme des victimes. Depuis une quarantaine d’années, il a été mis clairement en évidence le rôle du tabac dans l’éclosion de nombreuses maladies graves. Les campagnes multiples ont permis de diffuser ces informations sur tous les modes et personne ne peut ignorer aujourd’hui le rôle néfaste du tabagisme auquel est attribué plus de 60000 morts par an en France.
Les fumeurs, et surtout ceux qui commencent à fumer, choisissent de le faire en pleine connaissance de cause et en toute liberté et comme le dit Gabriel Matzneff « Je n’autorise personne de décider à ma place ce qui est pour moi le souverain bien ; et, au pire, je réclame le droit de creuser ma tombe de la manière qui me plait » (« Le taureau de Phalaris »). De nos jours, le fumeur n’est aucunement une victime, il a choisi d’être fumeur et d’en subir les éventuelles conséquences. Considérer qu’il doit être indemnisé ou ses ayants droit en cas de décès (jusqu’à quand ?) n’a guère de sens. Il faudrait de la même façon créer des fonds d’indemnisation pour les alcooliques (en faisant payer les producteurs d’alcool et de vin) ou les drogués.
Le rapport prévu sera-t-il suivi de décisions ? C’est, semble-t-il, peu probable. Reste qu’une taxe imposée aux fabricants de produits du tabac me parait une excellente proposition, mais les sommes recueillies ne devraient pas être consacrées à indemniser les malades du tabagisme, mais à soigner leurs maladies et à tenter de les prévenir. Ces soins coûtent, en effet, très cher à l’Assurance maladie, à tel point, qu’en son temps, alors que l’état des finances de la France était plutôt satisfaisant, Michel Debré, premier ministre du Général De Gaulle, avait même proposé de ne pas prendre en charge les maladies provoquées par le tabagisme ou l’alcoolisme, considérant qu’il s’agissait d’intoxications volontaires.
Le mieux est, évidemment, de ne pas commencer à s’intoxiquer, car par la suite s’installe une dépendance qui devient en elle-même une maladie.
Picasso : "Le fumeur" (1969)