Je suis un habitué des polars de Qiu Xiaolong, Chinois de Shanghai qui vit aux USA depuis les évènements de Tian’anmen. Ses romans ont trois caractéristiques : une intrigue policière de qualité variable, la description lourde de plats de la cuisine chinoise, et le tableau de la Chine sous la férule du parti communiste et de son leader dont le surnom serait : « l’homme à la tête de cochon ». C’est cette description de la Chine actuelle que j’apprécie et je suppose que l’auteur, bien qu’éloigné de son pays natal, a suffisamment de sources pour que cette description soit exacte. Le dernier roman que j’ai achevé avec l’année s’intitule : « Amour, meurtre et pandémie ». L’intrigue policière n’a que peu d’intérêt, la cuisine chinoise est égale à elle-même, mais le tableau de la Chine sous l’application de la fameuse politique sanitaire du « zéro covid » dont les dirigeants chinois sont apparemment si fiers et qu’ils ont présentée comme une stratégie efficace et bien supérieure à toutes les mesures prises par les minables démocraties fut tout simplement effrayante. Une surveillance accrue de tous les individus jusqu’à dans leur vie privée, une armée d’hommes en blanc qui enfermaient les gens chez eux ou dans des zones de quarantaine, clouaient la porte de leur appartement, un enfermement absolu qui pouvait durer de semaines et une nourriture aléatoire. Des gens se sont jetés par les fenêtres. Ceux qui étaient malades pouvaient mourir sans secours, et quand ils pouvaient se déplacer pour se présenter aux urgences, ils devaient fournir un test de dépistage du covid négatif fait dans les dernières 24 H (comment prévoir une crise aiguë d'une maladie quelconque ?!), sinon ils n’étaient pas admis. De nombreuses personnes sont mortes sans recevoir de soins et des grossesses compliquées ont accouché dans la rue. Ces effets collatéraux de la stratégie géniale du leader éclairé étant soigneusement enterrés pour garantir « la stabilité sociale » et ne pas entacher la réputation immaculée du grand parti communiste chinois qui ne pense qu’au bonheur de sa population en s’inspirant de 1984 d’Orwell.