7 Janvier 2013
« Moïse, Jésus et Mahomet étaient trois imposteurs ». Une telle déclaration est tout à fait déplacée en ce lundi de Pâques, fête qui commémore, par une divine coïncidence, aussi bien la sortie d’Egypte des Hébreux menés par Moïse que la mort et la résurrection de Jésus, environ 1300 ans après.
Cette affirmation osée date du XIIIe siècle dominé par la toute puissance du Christianisme en Europe, et est attribuée[1]à Frédéric II de Hohenstaufen[2], empereur du Saint Empire romain de sa profession. Normand par sa mère et élevé à Palerme car dans la deuxième moitié du XIe siècle un petit seigneur du Cotentin (Roger de Hauteville) enlève la Sicile aux Arabes, prélude à la naissance du royaume normand de Sicile où l’on fait preuve d’une grande tolérance laissant à chacun pratiquer sa religion.
Frédéric suivit ce principe incongru à une époque où l’on se massacrait allègrement sur la façon de concevoir le même Dieu (ce qui parait, bien sûr, invraisemblable de nos jours). Roi de contrées multiples, Frédéric s’intéressait plus aux sciences et aux arts qu’aux religions (il écrivit même un vrai traité de fauconnerie). Excommunié à deux reprises (ça se faisait beaucoup à l’époque lorsque l’on s’opposait aux intérêts temporels d’un pape), pour respecter une promesse, il monta cependant sa croisade, la sixième, où il réussit en 1229 à récupérer Jérusalem, mais sans combattre (ce qui scandalisa les bons chrétiens) et uniquement par la diplomatie en signant le traité de Jaffa avec le successeur de Saladin, celui-ci permit même à Frédéric de se couronner roi de Jérusalem, ce qui pour un mécréant (l’Antéchrist pour le pape Grégoire IX) est le comble de l’ironie.