En matière de climat, celui qui règne chez les écologistes est assez perturbé. Les manoeuvres de Yannick Jadot pour rassembler la gauche à un an de l'élection présidentielle ne plaisent pas à beaucoup de verts et notamment à leur patron Julien Bayou. Comme la politique se fait aujourd’hui essentiellement sur le mode du gazouillis, voici celui qu’il a émis le 4 avril : « il n’y a pas de chemin en dehors du collectif. Soyons digne de l’espoir que des millions de citoyennes et de citoyens placent désormais en nous. Nous avons besoin de tout le monde pour réussir à mettre en œuvre la révolution de velours dont la planète a besoin ».
Le patron des verts réclame du collectif là où Yannick Jadot réclame l’union. Nuance. Nous sommes impressionnés par les millions de personnes qui placent leurs espoirs dans l’action des écologistes dont les maires s’efforcent, comme on l’a vu, de donner des exemples éclairants destinés à changer nos vilaines habitudes. Ce qui est intéressant dans ce gazouillis est cette phrase : « Nous avons besoin de tout le monde pour réussir à mettre en œuvre la révolution de velours dont la planète a besoin ». Que signifie « révolution de velours » ? Fait-il référence à la « main de fer dans un gant de velours » ? En fait c’est gazouiller pour ne rien dire. Les révolutions en douceur, je ne connais pas, ou alors on appelle ça une réforme. L’autre membre de la phrase mérite réflexion : une révolution « dont la planète a besoin ». Mr Bayou, la planète n’a besoin de rien, elle s’en fout. Elle était là avant l’Homme et elle sera toujours là après. Il serait souhaitable de penser d’abord à l’être humain, c’est lui qui a des besoins et il faut faire en sorte qu’il puisse continuer à y vivre selon ses aspirations. Une priorité qui semble échapper à une partie du mouvement écologiste dont le réalisme laisse à désirer.