SIESTE
Dans le lit rouge de la gondole chamarrée
Dort le gondolier
Bras croisés, coussinet sous les pieds
Il rêve sous son canotier
L’église tête en bas se mire en douceur
Dans le canal en exil de la mer lointaine
L’eau silencieuse respecte le dormeur
Et son sommeil mérité après sa peine
Le cube couvert de graffiti criards
Devant la façade austère de l’église
Ne lui donne-t-il pas des cauchemars ?
Peut-être le gondolier dort-il
Pour ne pas voir enlaidir sa Venise
Alors quand se réveillera-t-il ?
Paul Obraska