L’Aide médicale d’Etat (AME) est un budget prévu pour permettre de soigner les étrangers entrés illégalement sur le territoire et donc sans papiers. Cette démarche ressort de la simple solidarité humaine, il ne serait guère à l’avantage de la France de laisser sans soins et éventuellement de laisser mourir des êtres humains à la porte de nos hôpitaux. Le gouvernement précédent avait imposé aux bénéficiaires une franchise de trente euros, une sorte de droit d’entrée à l’AME. En 2011, 220000 personnes ont bénéficié de l’AME pour un coût de 588 millions d’euros (le coût était de 75 millions en 2000). Suivant une promesse électorale de Hollande, la ministre des Affaires sociales, Marisol Touraine compte, les jours prochains, faire voter une loi pour supprimer ce forfait, estimant que le coût de sa perception était équivalent aux sommes perçues (ce qui n’a pas conduit pour autant à la suppression de l’ISF, en raison du symbolisme de cet impôt).
Bien sûr les droites protestent, estimant que seuls les étrangers clandestins seraient exonérés de toute participation financière à l’Assurance maladie et que les citoyens français seraient ainsi amenés à payer pour ceux qui ne le sont pas et qui, de surcroît, ne respectent pas les lois de la République.
Les clandestins ne sont pas tous des mendiants et sont souvent accueillis dans une famille ou par des amis et trente euros n’est pas une somme considérable en regard du coût parfois très élevé des services rendus à des personnes venues illégalement sur le territoire et peut-être malades avant de venir[1]. Cette somme forfaitaire est très inférieure à celle versée directement ou indirectement par chaque citoyen pour pouvoir bénéficier de l’Assurance maladie. Trente euros est peut-être une somme symbolique (à moins de l’élever pour qu’elle cesse de l’être), mais le symbole a de l’importance en politique. La supprimer me semble une erreur aussi bien vis-à-vis des Français qui pourraient ressentir cette exonération comme une injustice (puisque la justice semble être le maître mot du nouveau gouvernement) que vis-à-vis de l’immigration clandestine qui semble ainsi récompensée.
[1]Je me pose une question dont j’avoue ignorer la réponse : un malade, une fois soigné et donc « découvert », est-il expulsé ?