Je viens de terminer « La nuit sera calme » de Romain Gary. Je conseillerais volontiers sa lecture à ceux qui ne l'ont pas encore lu. Ce n’est pas un roman mais un entretien fictif entre l’auteur et un interlocuteur que je suppose imaginaire. C’est un peu une suite de « La promesse de l’aube », un recueil de souvenirs plutôt que des mémoires de la part d’un homme qui a eu une vie exceptionnelle et des souvenirs à foison. Une vie bien remplie qu’il a interrompue lui-même en 1980 à l’âge de 66 ans. Deux thèmes principaux : sa vie de diplomate après avoir été aviateur en Angleterre pendant la IIe Guerre mondiale et Hollywood qu’il a connu lorsqu’il était consul à Los Angeles, il faudrait y ajouter un hymne à la féminité. Son regard sur les choses et les gens vaut le détour avec une galerie impressionnante de personnalités qu’il a côtoyées de De Gaulle à Groucho Marx (aucun rapport entre les deux). C’est souvent drôle et l’autodérision est permanente. La véracité n’est jamais certaine avec Romain Gary. Il avait le goût de la mystification juqu’à tromper le jury du Goncourt en obtenant un second prix (interdit par le règlement) sous le pseudonyme d’Émile Ajar avec « La vie devant soi ». Un bon moment en compagnie d’un homme intelligent qui a vu le monde sous toutes les coutures, mais avec l'inconvénient de me donner un net sentiment d’infériorité.