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Pépite

"Les militants intersectionnels LGBT ne parviennent pas à se réjouir de la nomination de Gabriel Attal à Matignon. Motif ? Trop intégré, trop blanc…

Par Nora Bussigny

Publié (dans Le Point) le 16/01/2024 à 06h45, mis à jour le 16/01/2024 à 09h46

Depuis la nomination de Gabriel Attal à Matignon le réseau social X (anciennement Twitter) frôle la surchauffe. Des associations LGPT voient dans cette promotion un « progrès », mais ce n'est pas le cas des militants les plus radicaux.

« Se réjouir de la nomination de Gabriel Attal car il est gay, c'est se rendre complice de toutes les horreurs racistes, classistes, cishétérosexistes que son homosexualité rendra possibles », pontifie Trung Nguyên-Quang, doctorant en sociologie à l'université Paris 8, en réaction à la publication d'un édito du magazine Têtu dans lequel l'auteur avait eu l'outrecuidance de se réjouir de voir un homosexuel assumé nommé à Matignon. Après plusieurs centaines de milliers de vues, le tweet sera finalement censuré par les modérateurs.

Gabriel Attal ne serait pas un « bon » gay

« Nous nous doutions que la nomination de Gabriel Attal à Matignon donnerait lieu à un déchaînement homophobe sur les réseaux sociaux. Mais nous n'avions en revanche pas imaginé que les attaques les plus violentes viendraient de la frange la plus radicale du militantisme LGBT », soupire Arnaud Abel, président de l'association LGBT universaliste Fiertés citoyennes.

Certains membres radicaux, très actifs sur les réseaux sociaux, estiment en effet que le nouveau Premier ministre n'est pas un « bon » gay. Pour Arnaud Abel, une des raisons viendrait du fait qu'il assumerait son homosexualité « sans ostentation ou revendications identitaires », une faute grave à l'heure où les passions identitaires travaillent l'extrême gauche.

Les militants les plus téméraires ont carrément suggéré que son homosexualité serait exploitée politiquement par le gouvernement pour légitimer une politique « raciste, liberticide et antidémocratique », détaille Arnaud Abel, qui fait référence à un article de Mediapart titré « Le Premier ministre gay mais pas trop ».

Une observation fine puisque, sur TikTok par exemple, une jeune créatrice de contenus non-binaire vient même reprocher – dans une vidéo vue plus de 160 000 fois – à Gabriel Attal son homosexualité « non subversive », qui serait en vérité « une stratégie de la droite ». « Ces militants réduisent ainsi l'intéressé et son engagement politique à sa seule orientation affective et sexuelle, comme le ferait n'importe quel homophobe, en somme », conclut Arnaud Abel. Les membres de Fiertés citoyennes se mobilisent de leur côté pour contenir du mieux qu'ils le peuvent cette approche identitaire et partisane du militantisme"

Le « privilège homosexuel blanc »

Aussi surprenant que cela puisse paraître, le rejet des « gays blancs » au nom de la lutte contre l'homophobie inclusive existe. Certains parlent ainsi de « privilège homosexuel blanc ». C'est le cas de Lady Phyll, militante intersectionnelle anglo-saxonne et l'une des fondatrices de la UK Black Pride, qui détaillait dès 2022 cette pensée du gay blanc « trop intégré ».

Déjà en 2019, l'activiste et auteur George Johnson, se définissant comme « black non-binary », publiait dans NBC news un papier d'opinion dans lequel il développait sa pensée : « Même si nous partageons les mêmes oppresseurs, les queers blancs doivent accepter le fait qu'ils jouent un rôle dans le préjudice subi par leurs frères et sœurs noirs et métis ». Pour les militants LGBT radicaux, un bon gay ne peut être que non-blanc, de gauche et socialement opprimé, sinon c'est un traître. Drôle de vision du monde…"

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S
Gay mais pas queer.<br /> Chez moi, "quer" signifie "de traviole" (non, non, pas "de tafiole").<br /> On dit "Kreuz und quer" = aller en tous sens.<br /> Je crois avoir lu quelque part que les homos queer voulaient se différencier des homos efféminés de la caricature. Donc l'Obs se tromperait ?
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S
Gai, gai, gai, je suis l'amour sorcier.
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B
Je vais vous étonner mais je ne suis pas étonné..<br /> A chaque "gay-pride", un grand nombre d'homosexuels manifestent leur désaccord (peu médiatisé...) un dossier quelque peu "à charge" L'Obs – juin 2018<br /> quelques témoignages généralement (suivis de contre-exemple ou de mise-au-point) :<br /> "Je pense que la Gay Pride renforce la haine" : ils sont gays et contre la Marche des Fiertés<br /> "Il n'y a pas d'Hétéro Pride. Je ne comprends pas ce besoin de crier, de démontrer notre différence alors qu'on souhaite juste être considérés comme 'normaux'. Personnellement, ayant déjà été menacée physiquement et verbalement, je pense que la Gay Pride renforce la haine contre la communauté LGBTQI. Nous devrions agir comme des hétéros et on nous considérera sûrement avec autant de respect qu'eux."<br /> "Notre sexualité est un détail de notre personnalité, elle ne doit donc pas conditionner toute notre façon de vivre."<br /> "Certains homosexuels estiment qu'en raison de leur sexualité ils ont une identité politique qui les ancre d'office dans une communauté. Pour d'autres, il s'agit uniquement d'une particularité intime qui n’a rien d'identitaire."<br /> "Les Marches ont perdu le côté politique, le côté revendicatif de leur existence. Aujourd'hui, la Gay Pride attire plus d'hétérosexuels que de LGBTQI+, c'est devenu une mode que de venir défiler dans la bonne ambiance avec un drapeau arc-en-ciel."<br />  <br /> Lequel journal persiste et signe <br />                     <br />  
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P
Bigre! Je m'étonne qu'il puisse exister des gens capables de penser et de dire de telles absurdités. Peut-on imaginer qu'au scanner, à l'IRM ou même à l'autopsie, on constate des différences notables entre mon cerveau et le leur?<br /> Ou alors que le monde dans lequel ils vivent soit tellement étranger au mien qu'il se pourrait qu'on me demande un passeport pour y vivre?Ou alors enfin que la langue qu'ils emploient n'ait, avec la mienne, que des ressemblances trompeuses (usage du même alphabet, identité de certains phonèmes) et que ce que je crois comprendre ne soit en aucune façon ce qu'ils disent?
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