Le Point du 28 mai 2015 publie un dossier sur l'histoire des Arabes. Le premier article est consacré à l'interview de Henry Laurens, titulaire de la chaire d'histoire contemporaine du monde arabe au collège de France, avec ce chapeau : "Le grand spécialiste du Moyen-Orient revient aux origines pour décrypter le monde arabo-musulman"
A la première question du Point : "D'où viennent les Arabes ?", le grand spécialiste répond : "Stricto sensu, ceux qui sont de lignage arabe viennent de la péninsule arabique. C'est un système généalogique que l'on trouve dans la Bible. Leur ancêtre commun est Ismaël, fils d'Abraham, père des Arabes."
Réponse plutôt curieuse pour un historien d'évoquer comme ancêtre des Arabes une figure légendaire de la Bible hébraïque, personnage sans consistance historique, arrière-petit-fils de Noé, qui mourut à 175 ans après avoir enfanté, centenaire, avec sa vieille femme Sarah (qui mourut à 127 ans) son fils dit "unique", Isaac devenu ainsi le demi-frère d'Ismaël né auparavant de Hagar, esclave égyptienne, servante de Sarah.
A noter que si Ismaël a eu une descendance nombreuse, il n'en fut pas de même d'Isaac à l'origine du peuple juif qui d'ailleurs faillit ne pas apparaître - ce qui aurait été une grande frustration pour les antisémites - puisqu'il fut moins une qu'Isaac subisse le premier et dernier pogrom perpétré par son propre père Abraham sur la demande pressante de son Dieu dans la perspective particulièrement vicieuse d'éprouver sa foi.

Rembrandt "L'ange arrêtant Abraham avant le sacrifice d'Isaac à Dieu"
CHICHE !
« Stop ! » dit l’ange du Ciel
En arrêtant le bras du père
Armé de la dague sacrificielle,
Prêt à égorger son fils à terre.
En sacrifiant son descendant,
Il obéit à l’ordre du Père Eternel,
Jusqu’à devenir bourreau d’enfant.
Le père tremblant lâche sa dague,
Il ne comprend plus rien.
Alors l’ange lui dit, badin :
« Voyons, Abraham, c’était une blague »
« On ne comprend plus l’humour juif ? »
« Sacrifie le bélier à la place de ton fils »
« Et tu auras de la viande et du suif ».
Et le Ciel rit encore de ce faux sacrifice.
Paul Obraska