Une des promesses électorales de François Hollande est le doublement du plafond des dépôts sur le livret A. Ce plafond doit progressivement s’élever à partir du mois de septembre. Ce livret A, exonéré d’impôts, est la forme d’épargne la plus populaire. Il est évident que pour les plus fortunés, les sommes permises sont des plus ridicules et les paradis fiscaux d’un bien meilleur rapport. A cela il faut ajouter que l’objectif du livret A est le financement de la construction de logements sociaux. Favoriser l’épargne sur ce livret parait donc une mesure conforme aux préoccupations de la gauche soucieuse du petit peuple.
L’ennui est que le petit peuple n’a pas beaucoup d’argent à mettre de côté : près de 60% des épargnants du livret A y déposent moins de 750 € et 22% moins de 7500 €[1]. Autrement dit, avant cette réforme, le plafond précédent étant de 15300 €, plus de 80% des épargnants pouvaient déjà doubler leurs dépôts, s’ils en avaient eu la possibilité. En fait, ce relèvement du plafond ne concerne aucunement le petit peuple et c’est seulement environ 10% des épargnants, ceux qui ont déjà atteint le plafond actuel, qui pourront en bénéficier.
Mais me direz-vous, c’est néanmoins une réforme de gauche car cette épargne est destinée à financer la construction de logements sociaux. Si ce n’est que les sommes actuelles déposées à la Caisse des dépôts ne sont pas toutes consommées et que depuis le début de l’année, 40 milliards y dorment déjà.
L’augmentation dans l’avenir de cette épargne, détournée d’autres placements, privera l’Etat d’une source de revenus et on peut se demander quel est l’intérêt de la chose. La seule hypothèse qui me vient à l’esprit est de favoriser un peu les classes moyennes qui seront largement sollicitées pour payer la future facture, car comme le disait Clémenceau : « on plante des fonctionnaires et il pousse des impôts ». Ainsi pourraient-elles mettre de côté pour les payer.