Ce rapport constate que cette population musulmane ou de culture musulmane (par les parents) est peu diplômée (15% ne possèdent aucun diplôme et 25% ont un niveau inférieur au BAC). Il n’est donc pas étonnant que l’on y trouve environ deux fois moins de professions intellectuelles supérieures, deux fois moins de professions intermédiaires, deux fois plus d’ouvriers que dans l’échantillon global (15459 personnes) et 2 fois plus d’inactifs (38% contre 16,1 %) qui comportent retraités et chômeurs.
Ce qui fait polémique, ce sont les 28% de musulmans (sur les 874 personnes issues de l’échantillon global), en majorité des jeunes, qui se déclarent "rigoristes", carrément opposés aux valeurs de la république, et la plupart favorable au port du niqab, les femmes étant, d’une façon générale, un peu plus favorable au port du voile (ce qui met à mal l’affirmation que le voile leur est imposé).
28%, ce n’est par rien, ce qui n’empêche pas Mme Dufflot de déclarer sur BFMTV qu’ « une immense[1] majorité des musulmans de ce pays vivent normalement ».
Ces irréductibles à la société française seraient (d’après l’auteur du rapport) en révolte contre les conditions sociales qui leur sont faites, ce qui est un refrain bien connu.
Pourtant, quelles que soient les critiques que l’on peut faire à l’offre scolaire, elle existe en France sur tout le territoire, et elle est pratiquement gratuite, même s’il faut tenir compte, pour être juste, de l’environnement banlieusard qui considère aisément le bon élève comme un bouffon.
Ces « défavorisés » ne seraient-ils pas en partie responsables de leurs conditions sociales quand on voit leur déficit scolaire ? La proportion de sous doués ou de paresseux serait-elle plus importante parmi les musulmans ? Ou rejette-ils l’école comme ils rejettent la République ? Ou rejettent-ils la République parce qu’ils ont échoué à l’école ?
Ce genre d’enquête est toujours critiquable, ne serait-ce que parce qu’il existe un biais de recrutement par essence : il n’est pas tenu compte du vécu de ceux qui ont refusé de répondre au sondage, accepter de répondre c’est déjà se catégoriser.
1029 personnes de culture musulmane ont accepté de répondre, dont 15% ne se considèrent pas comme musulmans. L’image de l’islam en France ne repose donc dans ce rapport que sur l’attitude de 874 personnes qui se revendiquent de cette religion, ce qui correspond à 5,6 % de l’échantillon global[2] (mais 10 % des moins de 25 ans). Le nombre de musulmans en métropole ayant plus de 15 ans serait donc d’environ 3,5 millions…Ce chiffre ne serait-il pas un peu sous estimé ? Mais si l’on estime que 28 % d’entre eux se considèrent comme ne faisant pas partie de la République française et même hostiles à celle-ci, cela fait tout de même près de 1 million d’ennemis potentiels sur le territoire, dont la plupart sont jeunes et ont l’avenir devant eux, et le nôtre par la même occasion.
La conclusion du rapport est qu’un islam en France est possible, mais quel islam ?
[1] D’après ce rapport 46% des musulmans seraient en voie d’intégration et 25% seraient pieux mais en rejetant le voile intégral
[2] Pour 39,6 % de chrétiens, 0,8 % de juifs, 2,5% d’autres religions et 51,1 % de sans religion.