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François Hollande a proposé début février "que toute personne majeure en phase avancée ou terminale d’une maladie incurable, provoquant une souffrance physique ou psychique insupportable, et qui ne peut être apaisée, puisse demander, dans des conditions précises et strictes, à bénéficier d’une assistance médicalisée pour terminer sa vie dans la dignité". Nicolas Sarkozy lui a répondu dans son entretien pour le Figaro magazine que "l'euthanasie légalisée risquerait de nous entraîner vers des débordements dangereux et serait contraire à notre conception de la dignité de l'être humain"[1] |
Hollande suit la majorité des Français qui semble être en faveur d’une légalisation de l’euthanasie (84% selon un sondage BVA) et Sarkozy suit plutôt les personnes âgées qui, d’après un autre sondage, seraient moins favorables à cette légalisation ; cette question les touche de plus près que la masse des Français dont la fin plus lointaine leur permet un jugement plus détaché, sinon théorique.
Doit-on poser cette question qui touche chacun d’entre nous alors que nous sommes en période électorale ? Elle ne devrait en aucun cas constituer un argument politique. C’est une question de société ni de droite, ni de gauche, et d’ailleurs on trouve des partisans et des opposants dans les deux camps.
Mais voilà, les questions qui touchent la société et où l’on peut répondre par oui ou par non (comme pour le mariage gay) tendent à masquer des problèmes pour lesquels les politiques n’ont pas de solution ou seulement des considérations générales.
Il faut aussi tenir compte des groupes d’influence, comme l’ « Association du droit à mourir dans la dignité », qui font pression depuis longtemps pour légaliser l’euthanasie (abréger l’agonie, ce qui se fait déjà plus ou moins) et le suicide assisté (abréger la vie, ce qui légalise le suicide) et se manifestent évidemment davantage en période électorale auprès des candidats pour les obliger à prendre position. Il y a cependant une différence entre une position personnelle et une loi qui intéresse tout le monde et qui nécessite un débat sans intérêt politicien.
[1]Depuis plusieurs années les Belges se posent d’ailleurs le problème éthique du prélèvement d’organes après euthanasie (réalisé, en Belgique, à plusieurs reprises, avec l’accord du patient)