Voilà bien longtemps que la tribunite a atteint le milieu du spectacle et que ses représentants expriment de façon péremptoire leurs opinions sur les choses et les gens, comme si le fait d’être derrière ou devant la caméra leur conférait une mission et des compétences dans tous les domaines.
Le grand ancêtre est la tribune d’Emile Zola qui, avec son « J’accuse » dans l’affaire Dreyfus, a changé l’histoire. Les auteurs de tribunes d’aujourd’hui aimeraient bien avoir le même retentissement, mais, depuis, la plupart d’entre elles ne servent à rien, sinon à faire un peu de publicité à leurs signataires.
Pour ce qui concerne Depardieu, je trouve idiotes, grossières et insultantes ses propos sur les femmes rapportées dans une émission TV. Ses amis qui le soutiennent sont d’une génération où les grivoiseries étaient admises et l’on en riait le plus souvent quand elles n’étaient pas trop grossières car les relations entre les hommes et les femmes étaient différentes. L’époque a changé, et tant mieux pour ce qui concernent les agressions sexuelles quand il ne s’agit pas de gestes anodins interprétés comme agressifs.
La première tribune est une tribune de soutien à Depardieu, comme celle de Zola - toute proportion gardée – à Dreyfus, et même si les signataires auraient tort de le soutenir, je la trouve admissible. La seconde condamne Depardieu, peut-être ses signataires ont-ils raison, mais je ne l’aime pas, elle tente d’enfoncer une personne sans que la justice soit passée. Condamner sans jugement, cela reste toujours du lynchage, même si le lynché a commis les fautes dont il est accusé.