En cette période estivale, on peut voir de drôles de choses à la TV. J'ai vu à plusieurs reprises des personnes revêtues de pyjamas blancs et d'ailleurs mal coupés et trop grands, assorties par couples de même sexe et de même gabarit. Dans le couple exposé chacun tournait autour de l'autre en se regardant dans les yeux, chacun cherchait à attraper le pyjama de son vis-à-vis, en tentant de lui faire un croche-pied pour le faire tomber et lorsque l'un tombait, l'autre se couchait triomphalement dessus (je rappelle qu'ils sont du même sexe).
Pas plus tard qu'hier, j'ai vu des jeunes gens noirs, tous accroupis, en train de méditer en silence, dans un calme olympien, se lever brusquement, apeurés par un coup de feu et fuir à toutes jambes comme s'ils avaient le diable à leurs trousses, alors que l'homme armé d'un pistolet avait tiré en l'air en ne menaçant personne. Ces jeunes gens apeurés bien qu'athlétiques, ont du comprendre l'irrationnel de leur fuite car ils se sont arrêtés au bout d'une centaine de mètres et celui qui avait fui le plus vite paraissait très satisfait, levait les bras, montrait le ciel, saluait la foule, bombait le torse en s'entourant d'une écharpe multicolore sans doute pour ne pas frissonner après le stress post-traumatique et la frayeur subis.
Vous pouvez voir toutes ces manifestations incongrues et bien d'autres à la TV, mais même sur les ondes radiophoniques des causeurs patentés vous les racontent en s'étranglant parfois d'émotion, accélérant leur débit au même rythme que l'évènement qui se déroule devant eux au point de friser l'hystérie et de devenir heureusement incompréhensibles, sauf pour le mot « médaille » qui, bien que métallique, parvient à surnager dans leur flot de paroles.
Dessin de Philippe Geluck