L’insoumis en chef a déclaré à plusieurs reprises qu’il était opposé à la GPA, opposé à la marchandisation du corps qui, à son avis, ne toucherait que les pauvres. Interviewé sur LCI, il s’est cependant dit prêt à ouvrir le débat sur la gestation pour autrui "le jour où on (lui) présentera une femme milliardaire qui est prête à faire un gosse gratuitement pour une pauvre d'un bidonville"…Mais je ne crois pas que cela se produise, jamais". C’est vrai que ce cas de figure est des plus improbables.
Dans la plupart des cas des femmes fabriquent un enfant pour une autre en louant leur utérus pour neuf mois souvent au sein d'une entreprise. Je suppose que les féministes devraient protester contre cette chosification du corps de la femme, notamment celles qui luttent contre la prostitution, location brève du vagin lorsqu'elle n'est pas contrainte. Mais il arrive aussi, plus rarement, que la grossesse soit acceptée plus ou moins par altruisme ou que des femmes aiment être enceintes, même en abandonnant l'enfant à d'autres pour l'aimer et l'élever.
Par ailleurs les journalistes ironisent sur le fait que Mélenchon répète comme le firent ceux qui manifestèrent contre le « mariage pour tous » : "Je vais vous dire une chose : il n'y a pas de droit à l'enfant. Ça n'existe pas. Il y a les droits de l'enfant. Mais il n'y a pas de droit à l'enfant ".
Curieux, on devrait s’interdire un argumentaire parce qu’il est utilisé par ceux qui ne sont pas du même bord, alors qu’il s’agit d’un sujet qui dépasse la politique politicienne. Pour les journalistes, il serait incohérent d’utiliser un argument de droite si l’on est de gauche et vice versa. « D’où tu parles ? », « qui es-tu ? » comme disaient les communistes. La valeur d’un argument dépendrait de celui qui parle et non pas de sa force propre.
Et bien, je ne suis pas du même bord que Mélenchon, mais je suis d’accord avec lui sur ce sujet. Tout arrive.
Klimt : "Espérance"