Vous n’êtes pas sans avoir remarqué que Daniel (Dany pour les intimes) Cohn-Bendit est sans cesse invité sur les plateaux et sur les ondes (on a même vu réapparaître Serge July) comme spécialiste du soulèvement populaire inattendu en raison de son passé de meneur lors des monômes étudiants de Mai 1968, assortis de propositions farfelues pseudo révolutionnaires, suivis d’une grève générale qui ébranla l’Etat français jusqu’à faire fuir le général De Gaulle en Allemagne, ce qui compte tenu de son passé fut assez paradoxal.
Il faut noter qu’il y a plus de motifs aujourd’hui de mécontentements qu’en 1968, année faisant partie sur le plan économique des « trente glorieuses ».
Mais le processus est comparable avec une disproportion entre la cause immédiate et les conséquences.
Hier, la brèche fut provoquée au départ par une protestation à Nanterre, puis au quartier latin, contre l’arrestation d’étudiants lors d’une manifestation anti-impérialiste (et plus précisément antiaméricaine, contre la guerre au Viêt-Nam).
Aujourd’hui, la brèche a été provoquée par les « gilets jaunes », issus d’une classe moyenne en difficulté, protestant contre l’instauration de la taxe carbone (motif plus justifié et moins idéologique que celui de 1968). Le risque est que profitant de cette brèche, tous les mécontents et les opportunistes s’y engouffrent jusqu’à ébranler l’autorité de l’Etat et le menacer sans avoir le moindre projet cohérent à proposer pour remplacer celui du gouvernement actuel.
Est-ce que soulever un peu le couvercle de la cocotte-minute suffira à calmer les esprits ? Nous savons que les esprits ont tendance à s’échauffer lorsqu’ils se frottent les uns contre les autres. C’est de la thermodynamique. Espérons que cette énergie qui va dans tous les sens se transformera en énergie utile et non pas en anarchie ou en autoritarisme, le second suivant en général la première.