Modifier son alimentation est-il efficace ?
Cela dépend sur quoi. La sélection alimentaire diminue le cholestérol de 10 à 15%, passer d'un cholestérol de 2,50 g/l à 2,20g/l paraît peu, mais il ne faut pas oublier que le risque coronarien est censé diminuer du double et c'est ce qu'on l'on observe à peu près dans la plupart des essais à condition de ne pas s'attaquer à des taux de cholestérol proches de 2 g/l et sans rechercher une corrélation étroite entre l'amplitude de l'abaissement du cholestérol et l'importance de la diminution du risque coronarien. Mention particulière pour une étude Lyonnaise parue en 1994 comparant le régime dit méditerranéen (enrichi en pain, légumes, fruits et poissons et allégé en viandes, beurre et crème remplacés par de l'huile d'olive) et le régime préconisé par l'American Heart Association (celui avec la calculette). Bien que les deux régimes aient eu un effet semblable sur le cholestérol total et les triglycérides, le régime méditerranéen (qui a eu tendance à élever les HDL - transporteurs du « bon » cholestérol - et à diminuer les LDL - transporteurs du « mauvais » cholestérol) s'est révélé supérieur sur la prévention des évènements coronariens (angine poitrine et infarctus du myocarde).
Mais une autre question est de savoir si en diminuant les évènements coronariens par un régime on diminue également le nombre de décès pendant la période étudiée (en général autour de 5 ans). Lorsque l'on applique le régime à des personnes qui n'ont pas encore été atteint par une maladie coronaire [prévention primaire], il semble bien que la mortalité globale ne diminue pas, les gens meurent moins du cœur mais plus d'autres causes et la mort violente a été signalée comme l'une d'entre elles (affirmer que se priver de pâtisseries conduit au suicide serait une conclusion hâtive).
Par contre lorsque la prévention diététique [prévention secondaire] s'applique à des coronariens, la mortalité cardiaque et globale diminuent et là le patient sait pourquoi il se prive.