Alain Souchon a écrit une remarquable chanson : « Sous les jupes des filles », montrant l’importance de l’attraction sexuelle dans la marche du monde, un appétit qui débouche trop souvent sur la violence. J’ajouterais aux jupes des filles, le pantalon des garçons. Si le sexe a toujours eu une importance cruciale dans les relations humaines, ce que l’on comprend puisque la pérennité de l’Humanité en dépend, ses affaires restaient plus ou moins cachées, et l’intimité des couples rarement dévoilée. Une discrétion liée à la condition féminine depuis des siècles et à l’imprégnation religieuse.
Aujourd’hui, le sexe s’étale sur la place publique : les adeptes d’une orientation sexuelle différente de l’hétérosexualité ou rejetant leur sexe biologique se sont groupés en un quasi parti politique, et les partis politiques se voient déstabilisés par des affaires sexuelles. L’importance que la relation entre les sexes, qu’ils soient différents ou identiques, prend dans les sociétés occidentales et sa médiatisation en font une véritable idéologie que l’on pourrait dénommer « sexualisme », une idéologie qui conduit à imposer des comportements et peut aboutir à une véritable hostilité de certains porteurs de pénis et de certaines porteuses de vagin envers l'autre sexe. La chambre à coucher habituellement consacrée aux ébats privés est devenue un lieu de débats publiques.
Bien entendu, il est heureux que des violences et des abus soient dénoncés et jugés, mais de préférence par des juges plutôt que par les réseaux sociaux ou une personnalité quelconque qui compte en tirer un bénéfice. Mais que l’on en vienne à étaler sur la place publique les querelles de ménage non violentes, et des états d’âme pour éventuellement se mettre en meilleure position pour un divorce ou même nuire à son compagnon (plus souvent qu’à sa compagne) me paraît impudique et/ou minable. Illustration : Jean-Honoré Fragonard : Le verrou ».